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5.0 étoiles sur 5
Aldrich adapte Chase, deux raisons d'aimer ce film!, 11 mars 2012
Premier roman et premier chef-d'oeuvre de James Hadley Chase,
Pas d'orchidées pour Miss Blandish, paru en 1939, fut d'abord adapté au cinéma, sous ce même titre, par un certain John Clowes Que vaut
cette version britannique en noir et blanc qui date de 1948? Hélas, j'avoue l'ignorer, n'en connaissant que la bande-annonce. Toujours est-il qu'une vingtaine d'années plus tard, en 1971 exactement, un autre cinéaste, américain cette fois, décida de s'y coller à nouveau et de nous offrir "sa" vision de l'affaire Blandish. Or il se trouve que ce cinéaste n'était pas le premier venu puisqu'il s'appelait Robert Aldrich et avait déjà à son actif plusieurs classiques du 7ème Art, parmi lesquels, pour n'en citer que trois, le formidable
Vera Cruz, l'inoubliable
En quatrième vitesse et bien sûr les mythiques
Douze Salopards. Autant dire qu'il y avait de quoi saliver à la perspective de voir un réalisateur de cette trempe s'attaquer à un monument du roman noir!
Eh bien, chers amis, j'ai plaisir à vous dire que le résultat fut des plus savoureux et que ce film reste sans doute à ce jour, avec
Eva de Losey, la meilleure adapation au grand écran d'un livre de Chase. Globalement fidèle au roman, le scénario de Leon Griffiths s'autorise néanmoins une marge de liberté et altère quelque peu la conclusion de l'histoire, mais cette licence poétique ne trahit pas trop, me semble-t-il, l'esprit de l'oeuvre ou la nature des personnages. Esthétiquement, le film n'est pas sans entretenir une certaine parenté avec
L'arnaque ou
Bonnie and Clyde, qui datent sensiblement de la même époque, à ceci près qu'Aldrich, lui, en rajoute volontairement dans le pittoresque et se régale visiblement à mettre en scène les tragiques pitreries de la mère Grissom, de son cinglé de fiston psychopathe et de toute leur hétéroclite bande de gangsters dégénérés. Dans le délicat rôle de Slim, Scott Wilson trouve le ton juste et parvient à susciter un subtil mélange d'horreur, de fascination et de pitié. Quant à Kim Darby, eh bien elle campe, ma foi, une Miss Blandish tout à fait intéressante. Ajoutons que Robert Lansing est aussi très bien en privé à la mâchoire carrée et au coup de poing facile.
L'un dans l'autre, voilà donc un excellent film que j'ai pris beaucoup de plaisir à voir et que je recommande chaudement à tous les amateurs de polar, d'Aldrich et de bon cinéma en général.
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