Alors que la critique croyait Romain Gary « fini », Emile Ajar écrit un récit surprenant.
« Gros câlin » interpelle. L'auteur y jongle avec les mots et des phrases impossibles. Jamais la solitude, le désespoir d'un homme, perdu dans la grande ville, n'auront été décrits avec tant de talent. L'enfant de l'Assistance, en quête d'affection, avec lequel chemine, au fil de courts chapitres, le lecteur intrigué, est à l'image des hommes et des femmes innombrables dans notre société, que ronge la solitude. On se prend à aimer ce personnage étrange, fragile, désespéré, que seule la compagnie d'un python de deux mètres, console quelque peu du vide affectif d'un destin subalterne.
Qui eut imaginé que Gary se cachait derrière Emile Ajar ? Le premier des romans publié sous ce nom relu, alors que désormais on connaît son auteur, donne pourtant quelques clés : « Pseudo-Pseudo » revient fréquemment dans le texte ; la double vie menée par Mademoiselle Dreyfus est une indication. Mais à bien y chercher, « Cousin » exprime aussi les angoisses de Romain, alors que celui-ci est conscient de n''avoir plus de « ticket » valable, à l'heure où les critiques se détournent de lui.