J'ai mis longtemps avant de me procurer cet album, tellement la réputation qui le précède fait un bruit digne d'une batterie de casseroles accrochées à la queue d'un chien... Et bien je dois vous avouer que j'ai finalement été agréablement surpris.
Après la sortie de
Staring At The Sun en 1988, et le décès d'Alan Murphy (le remplaçant du guitariste Boon Gould, co-fondateur du groupe) en 1989, le groupe décide de faire une pause. Ce n'est que fin décembre 1990 que se fera le grand retour en studio, avec la sortie du nouvel album en 1991.
D'entrée, le titre éponyme donne le la : cet opus sera placé sous le signe de la pop-musique. Exit le jazz-funk des débuts. Fini les climats si particuliers de
Staring At The Sun. Cet album pourrait largement s'inscrire dans la continuité de
Running in the Family.
On y trouve ces tempo medium ("Overtime") ou medium-lent (les magnifiques "Seven Years" et "Lasso The Moon"), qui ont fait la gloire du groupe, notamment dans
World Machine. On y trouve aussi quelques rythmes plus rapides ("My Father's Shoes") et un ternaire lent ("She Can't Help Herself").
Le batteur Gary Husband (remplaçant de Phil Gould, frère de Boon, et co-fondateur du groupe lui aussi) est nettement plus impliqué dans l'écriture, puisqu'il signe à lui seul la chanson "If You Were Mine". Et c'est son partenaire Allan Holdsworth qui est venu en renfort jouer de la six cordes (notamment sur "A Kinder Eye"), le temps de trouver un guitariste attitré.
Le jeu de basse retrouve une présence qu'il avait perdu lors de l'opus précédent : mix en avant, lignes mélodiques, slap des grands jours... On a enfin retrouvé le virtuose inspiré qu'est Mark King, qui remplace... personne, Mark King étant tout simplement irremplaçable !!!
Au final, on a là un album agréable à écouter, certes un peu moins bon que l'album qui suivra (
Forever Now, 1994), mais qui, surtout, ne mérite pas la réputation qui lui colle à la peau.
La note : 3,5 étoiles, arrondi à 4.