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5.0 étoiles sur 5
L'Ame de la guerre., 20 décembre 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Guerre comme expérience intérieure (la) (Broché)
Toute la puissance du style de Junger au service d'un essai d'une violence et d'une classe folle, où chacun trouvera de troublants echos de la situation du monde aujourd'hui et des reflexions universelles sur la guerre, autant sinon plus qu'une chronique de la vie des combattants de 14-18.
Une plongée dans l'esprit d'un guerrier.
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5.0 étoiles sur 5
Un livre fort, 15 mars 2009
Comme le souligne l'introduction d'André Glucksmann, c'est un livre furieux et furieusement moderne. Car la guerre des tranchées a tout bouleversé, pas seulement les paysages hallucinés décrits dans les Orages d'Acier. Ces derniers restent malgré leur force une expérience principalement littéraire où, en dépit du souci documentaire, l'horreur n'est pas vraiment présente. L'absurdité, la violence, la monotonie, la mort, mais aussi l'héroïsme (pas celui des livres de chevalerie...) et un certain sens du combat. Pas dans La guerre comme expérience intérieure. Ce n'est pas un document, c'est plutôt la lave en fusion qui sort d'un être malaxé, enfourné, retourné, retravaillé par la guerre, qui apparaît quasiment comme une entité propre, et propre à l'humanité. Et propre à la bestialité de cette dernière, à son goût du sang.
Car, au fond, peu importe pour quoi on se bat. Même si Jünger affirme par moment que le meilleur de chaque nation ressort des grandes confrontations, que les survivants sont des hommes d'une autre trempe, au fond c'est surtout parce qu'ils ont contemplé les abysses de leur âme, leur capacité animale à vouloir la mort de leur prochain dans l'ivresse d'un combat resté malgré tout singulier. La "guerre du matériel" est bien loin. Tout le vernis moderne, le rationalisme, la moralité et le confort bourgeois de la Belle Epoque sont emportés. Ne restent que les instincts, la mort et le sexe. Et la vie se dévore hic et nunc, jouissance de l'instant présent avant de repartir vers les magnifiques horreurs de la boucherie absurde.
On le devine, Jünger sort secoué de l'expérience de la guerre. Et toute sa génération avec lui. Les repères de la civilisation européennes ne seront plus jamais les mêmes. Mortelle, elle est. Et c'est peut-être là le moment décisif de l'accélération du monde, de la dislocation des communautés traditionnelles, de la fuite dans l'hédonisme individuel. Et de la solitude face au néant.
Il y a beaucoup de choses dans ce court essai qui se croisent et se contredisent: nostalgie des douceurs de la paix, description sans concession des horreurs de la guerre, mais aussi célébration des combattants, de leur sauvagerie et de la forge insensée qui les a créés. Et d'autres choses encore. Un grand livre.
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5.0 étoiles sur 5
UNE PLAQUE D'ACIER, 10 janvier 2012
Junger ressort de la guerre de 1914-1918 métamorphosé, muté, blindé. Il est un mort-vivant revenu d'entre les Morts transformé en plaque d'acier. Tueur tué, laissé quasiment pour mort, il se découvre tel qu'il se soupçonnait (cf son expédition à la Légion Etrangère), passé au révélateur de la Guerre. Junger, l'Eternel guerrier.
Il est désormais le représentant de l'Elite, celui dont la vie n'a de sens que pour et par la Mort. Lansquenet dispersant aux quatre coins le vieil établissement bourgeois corrodé, termité, avachi, il mène le Monde vers un Ordre qui tient du Moine-Soldat, du Paysan et du Mystique. Devenu (enfin) absent à la souffrance humaine, il va réformer contre lui-même l'Homme pour l'amener là où lui est déjà. Le seul penchant hédoniste accepté esy celui du sexe cru, physique, jouissif....Point d'Amour ou quoi que ce soit d'approchant. Junger est un authentique Révolutionnaire.
Pourquoi ce Contre-Révolutionnaire (ni bas, ni veule, ni corrompu) n'a pas adhéré au nazisme ? Parce que le nazisme était un mouvement prenant ses racines dans l'inconscient populaire allemand...Et que Junger n'est pas du peuple...il est de la Caste des Officiers, celle dont la suprême expression est celle des officiers généraux à double bande rouge.
"Quand on dine avec le diable, il faut avoir une longue cuillère"...Ceci étant acquis, ce livre est une remarquable étude sur ce que la Guerre peut faire à l'Homme.
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