On ne compte plus le nombre de films ayant pour thème le casse qui tourne mal (que l'on se souvienne d'Asphalt Jungle de John Huston, de Criss Cross de Robert Siodmak ou encore de Kansas City Confidential de Phil Karson... la liste est loin d'être exhaustive bien entendu...). Alors quand
Sam Peckinpah, l'ancien assistant de Don Siegel, s'attaque à son tour à ce genre d'exercice, lui qui est venu au cinéma avec une abondante et nullement négligeable carrière de western derrière lui (que l'on se souvienne du sublime Wild Bunch - La Horde Sauvage), il n'est pas question de passer à côté de ce polar urbain qu'est The Get-Away (Guet-Apens), fleuron du cinéma américain des années 70... Le film sortit en salles en 1972 et avait pour vedettes
Steve McQueen et Ali MacGraw (alors l'épouse de l'acteur)... Le scénario est enfin et surtout tiré de l'oeuvre de Jim Thompson:
Le lien conjugal, roman que l'on ne manquera pas de lire, même si pour l'adaptation cinématographique la fin fut légèrement modifiée. Selon Tavernier et Coussodon, dans "50 ans de Cinéma américain", celle-ci n'aurait pas été acceptée par les producteurs de l'époque (1)...
Le début du film est à lui tout seul une leçon de cinéma. Le prisonnier Doc McCoy (Steve McQueen) sort de prison grâce à son avocat, et surtout grâce à Carole, sa femme (interprétée par
Ali MacGraw). Comme on le verra plus tard, le rôle de celle-ci pour faire sortir son mari de prison fut déterminant... Entre ellipses et montage judicieux (d'ailleurs, je ne comprends toujours pas pourquoi le film est à ce point méprisé par Bertrand Tavernier qui dit en outre que le film est "le moins personnel des films de Peckinpah", avançant comme argument que le réalisateur prend peu de risques (sic)...
Au contraire, je trouve ici le cinéaste au sommet de son art. Que le roman ait été légèrement édulcoré n'est pas un problème en soi. Je dirai même que hors mis pour la fin (qui est très réussie au demeurant), le film est entièrement maîtrisé et n'est en rien conventionnel. Découpages, montage, scènes de poursuites. Tout est réussi. Et puis Steve McQueen crève l'écran comme personne... Quel acteur mes amis! Comme dans les
romans noirs et de pulp fiction, pas besoin de beaucoup de paroles pour comprendre les personnages et l'intrigue. Beaucoup de scènes restent inoubliables (le braquage de la banque bien entendu, les regards appuyés de McQueen à son épouse, d'autres scènes plus intimes et d'une beauté à faire pleurer, notamment celle au cours de laquelle McCoy et Carole se retrouvent dans une chambre pour la première fois, après tant d'années de séparation... A noter enfin que le film oscille avec brio entre polar et humour (la blonde complètement décervelée) qui débouche sur une critique très réussie de la société américaine (la scène finale).
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Ce DVD est en outre très bien réalisé. L'on ne manquera pas quelques bonus fort intéressants: Les commentaires du producteur et de quelques auteurs de polar. Ou encore les enregistrements audio de Steve McQueen, Sam Peckinpah et Ali MacGraw. La bande annonce de l'époque est également disponible. Pour les langues, l'on trouvera l'Anglais, le Français, l'Italien, et j'en passe. Sous-titres: Anglais, Français, etc. Comme d'habitude, à ce niveau-là, la Warner fait du bon travail (choix multi-langue).
(1) Sur le Wiki US, l'on apprend que c'est Steve McQueen qui n'aimait pas trop la fin du roman de Thompson et qu'il recommanda alors à
Walter Hill (alors scénariste) une fin plus optimiste... The Get-Away (Le lien conjugal) fut écrit en 1958.