Épisodiquement fidèle au Routard depuis 1978, je suis aujourd'hui un peu perturbé par son absence de 'focus', pour le dire en anglais. À force de vouloir suivre sa clientèle dans son évolution du routard au bobo, les choix du guide sont devenus éclectiques, mais beaucoup moins intéressants et en partie dignes du Guide vert Michelin (ce n'est pas un compliment).
Le résultat, autrefois incisif, parfois un peu polémique, souvent original et anti-conformiste - et amusant à lire - en est devenu par endroits assez 'tarte'. Lorsqu'on connaît bien un endroit, comme c'est mon cas pour New York, on s'étonne en particulier de certaines recommandations (par ex. indiquer un 'Prêt à Manger' pour se restaurer - pourquoi pas un Subway !), et de certaines recherches superficielles. Même si c'est un détail, le guide ne mentionne même pas, par exemple, que tout visiteur étranger peut obtenir une carte de réduction de 10 % sur tout le magasin Macy's (soldes et promos comprises), sur simple présentation de son passeport. Et lorsqu'on indique que l'Empire State est ouvert jusqu'à 2 h du matin (ce qui est exact), autant préciser que les illuminations de la quasi totalité des gratte-ciel s'éteignent à minuit précise, enlevant au spectacle de la skyline newyorkaise l'essentiel de son intérêt après cette heure...
Par ailleurs, la présentation générique des États-Unis en début de guide fourmille de poncifs 'franchouilles'au point d'en retourner un peu l'estomac.
Cela étant, certaines contributions restent intéressantes, notamment le chapitre consacré à Brooklyn, plutôt bien fait et qui éclaire une partie de la ville souvent sous-exposée. Mais partir à l'assaut de New York armé du seul Routard n'est guère recommandable à qui veut sortir des sentiers battus et aller vraiment au-delà du tout-venant touristique, méme revu et (soyons équitable), plutôt amélioré. Procurez-vous impérativement un ou des guide(s) anglais type Zagat, Time Out, etc.