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5.0 étoiles sur 5
Rêve d'infini,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Guillaume Connesson : Trilogie cosmique - The shining one (CD)
Guillaume Connesson puise une partie de son inspiration dans la contemplation de l'infini, la lecture d'articles ou de livres scientifiques, l'étude de peintures abstraites qui invitent à la réflexion ou à la méditation. Comme j'avais eu l'occasion de l'indiquer dans un précédent post sur Supernova, cette oeuvre, créée en 1997, avait trouvé ainsi son origine dans la lecture d'une ouvrage de Stephen Hawking "A short history of Time" et la contemplation du tableau "Quelques cercles" de Kandisky. Cet opus magistral illustre avec brio, un sens du rythme qui fait toute la caractéristique du compositeur la mort d'une étoile et son explosion en cent milliards de particules projetées dans l'espace. Une oeuvre qui en appelait d'autres pour l'imaginaire de Connesson fasciné par les espaces infinis. D'où l'écriture, sur une période de dix années, de la "Trilogie Cosmique" enregistrée ici et dont Supernova constitue la pierre angulaire.Il fallait avant tout au compositeur figurer le big bang, d'où l'écriture de "Aleph" en 2007, commande de l'Orchestre Royal d'Ecosse et cadeau de mariage à son chef, Stéphane Denève. Un titre qui ne doit rien au hasard car Aleph est la première lettre de l'alphabet hébreu ainsi que le symbole mathématique d'un ensemble infini. L'oeuvre est très vive, explosive même, et repose entièrement sur le chiffre magique et symbolique 7 : 7 sections qui s'enchaînent, thème principal à 7 temps construit sur 7 notes. On y retrouve les couleurs et la puissance qui caractérisent l'écriture de Connesson. Entre la naissance de l'univers et la mort d'une étoile, il manquait l'infinitude de l'espace glacé ce que les scientifiques nomment "l'âge sombre". D'où la pièce centrale "Une lueur dans l'âge sombre", commande du même orchestre de 2005. C'est aussi le moment d'apaisement de la trilogie, celui de la contemplation des scintillements interstellaires, l'hypothèse d'une vie à éclore. D'où un rythme très lent et des moments fréquents où la masse orchestrale s'efface peu à peu et se meurt dans des quasi silences qui permettent d'emprunter de nouvelles figurations sonores. Le concerto pour piano et orchestre qui clôture le CD, "The Shining One", date de 2009 et est dédié à Jean-Yves Thibaudet. Le titre est tiré d'un roman fantastique d'Abraham Meritt écrit en 1912 "The Moon Pool" où un Etre de lumière s'empare des humains pour les faire disparaître à jamais en les plongeant dans l'extase ou l'horreur. Ecrit en trois mouvements qui s'enchaînent, le concerto délivre une musique très vivace et sautillante, extrêmement virtuose et enthousiasmante à l'image de la musique de son auteur. Stéphane Denève et son orchestre Royal d'Ecosse maîtrisent parfaitement leur sujet. Ils sont les commanditaires, et dédicataires pour Aleph, de deux des trois mouvements de la Trilogie dont ils donnent une interprétation remarquable de cohérence, brillante et lumineuse. Eric Le Sage se tire avec virtuosité et brio du concerto redoutable concocté par Connesson. Une belle prise de son, caractéristique de Chandos, magnifie ces pages dynamiques. Rappelons que le CD avait été récompensé d'un Diapason d'Or à sa sortie amplement mérité. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Quand John Adams a rendez-vous avec Florent Schmitt,
Par Denis Urval (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 10 COMMENTATEURS)
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Guillaume Connesson : Trilogie cosmique - The shining one (CD)
Guillaume Connesson, compositeur, est né en 1970. Voici deux partitions orchestrales, une ambitieuse « Trilogie cosmique » et un Concerto pour piano de poche, « The shining one » (moins de dix minutes) dédié à Jean-Yves Thibaudet et ici joué par Eric Le Sage.Cette musique se réfère à une certaine tradition, française en particulier (celle des Dukas, Roussel, Ravel), peut-être aux Planètes de Holst (vous avez dit cosmique ?), certainement au minimalisme. Mais peu importe au fond ce qu'aime le compositeur, ou ce qu'il rejette. L'important est ce qu'il fait, tel qu'on l'entend. Le concertino « The shining one » sonne comme un pastiche du Concerto en sol de Maurice Ravel, quand ce n'est pas de Rachmaninov. L'agitation d' « Aleph » qui évoque Gerschwin, Bernstein, Adams, est celle d'une pièce que je trouve anecdotique. Plus encore que « Supernova », la pièce que je préfère demeure la plus planante et la plus développée, « Une lueur dans l'âge sombre », avec ses jolis effets de scintillement des timbres. C'est quand il se laisse aller, qu'il prend son temps, qu'il suit sa pente florent-schmittienne, si j'ose dire (qui n'aime pas La Tragédie de Salomé ?), que le compositeur est à son meilleur. Interprétation soignée de l'orchestre écossais que dirige Stéphane Denève. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
l'infini à portée d'oreille,
Par
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Guillaume Connesson : Trilogie cosmique - The shining one (CD)
Connesson apparait ici comme le digne héritiers des grands impressionnistes français (la sensualité du faune, le panthéisme de La mer ou de Daphnis) et sait faire miroiter un orchestre puissamment évocateur au service des vertiges et beautés de l'espace. Comme l'avait révélé très tôt Supernova, il excelle à minéraliser l'énergie dans des crescendos tournoyants mais parfois un peu vains. "Une lueur dans l'âge sombre" est de fait la pièce la plus marquante avec sa profonde respiration organique.
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