Bread avait suffisamment d'arguments pour venir titiller, sur ses terres, le grand Eagles. Enfin... je le pense très honnêtement. Avec David Gates aux manettes, il avait réellement l'opportunité d'accéder à ce niveau. Il n'en aura malheureusement pas le temps, le groupe splittant juste après cet album, mais j'aurais été, personnellement, curieux de voir où cela aurait pu les mener. Qui plus est, réunir Larry Knetchel et David Gates sous la même bannière, comme c'est le cas dans Guitar Man (1972), aurait été intéressant à reproduire dans le temps, car c'est vraiment tout bénéfice pour la manière dont sonnait alors le groupe de L.A. Entre nous... Gates avait de l'allure. Beaucoup de classe. Les sublimes Aubrey, Guitar Man, Sweet Surrender, Your's For Life et Make It Yourself (avec Griffin) le démontrent parfaitement. Sur cet album habilement construit, Gates bénéficie d'une meilleure contribution lyrique de Griffin, dont les parties plus viriles sont agréables, mais dont je ne suis toujours client. J'ai vraiment un faible pour Gates et son travail plus acoustique. Guitar Man n'en révèle pas moins un groupe au faîte de sa musique, qui a de la compétence à revendre, Larry Knechtel en tête. Welcome To The Music et Don't Tell Me No sont un peu les parents pauvres de Guitar Man. Ce qui est regrettable, à l'orée de leur séparation (ils se retrouveront en 1977), c'est que, pour la première fois, j'ai le sentiment que Gates et Griffin auraient certainement été plus inspirés de mettre de l'eau dans leur vin, plutôt que de se tirer la bourre comme ce fut le cas. Ils ne se seraient alors pas contenter de regarder les Aigles voler...