Les bons et les méchants. Ou les shériffs et les truands. Ou... les filles et les gars. Dans ce western signé par l'auteur de Isaac le Pirate, nos sympathiques héros, malfaiteurs confirmés, ont en effet surtout de gros problèmes avec la gente féminine. A croire que le cadre de ces plus ou moins longues histoires importe finalement très peu. Enfin, si, quand même, pour faire une belle scène d'attaque de train, ça s'y prête bien.
Or Blain maîtrise parfaitement le mouvement. C'est là qu'il excelle, en courses-poursuites, en déplacements, même lorsque leur rythme n'est pas soutenu. La couverture le rappelle : Gus, il saute, il court, il bouge, il ne s'arrête pas, jamais, impossible.
Malheureusement, les filles, c'est une autre histoire. Elles, elles préféreraient rester sur leurs terres, avec leur mari aimant, leurs enfants, à profiter du bonheur conjugual. Alors comment y remédier ? Pour l'instant, nos trois lascars n'ont pas la réponse. Et pourtant, ils le cherchent, cet Eldorado. Ils vont le trouver, ce qui n'amènera qu'à une seule issue : nous amuser.
En étant sans doute pas l'album le plus facile d'accès de Blain, Gus constitue un de ses excellents crus quant à son dessin et à son ton si particulier. Après les pirates et Isaac, pourquoi pas les cow-boys et Gus ? Seule ombre au tableau : la couleur parfois trop criarde.