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La belle Hélène fait ici une petite infidélité à la chanson française en sortant un quatrième album interprété en espagnol. Bien sûr, on tombe immédiatement sous le charme. Car sa voix se prête avec une facilité presque déconcertante à la langue hispanique et se fond parfaitement dans les morceaux calibrés sur mesure. Les guitares andalouses offrent un second souffle à des titres comme "Le das tu corazon" ("Elle tu l'aimes"), "Tu Te Dejas Querer" ("Il y a trop de gens qui t'aiment") ou "Te Quiero y Adios" ("Je vous aime adieu"). On notera notamment la très passionnée "Si, Mrs. Jones".
Hélène séduira vraisemblablement les inconditionnels mais devrait aussi plaire à un plus grand nombre.
--Valérie Dupouy
Platine
Onze cartouches, c'est tout ce dont notre belle Hélène a besoin pour envahir la péninsule ibérique. Il faut dire que ces onze munitions sont de la meilleure poudre, fabriquée en mélangeant l'explosif premier album et le quasi sulfureux second opus. Ainsi les compositions : "Je vous aime adieu," "Les Larmes", "Cur de verre" d'une part, et "Elle, tu l'aimes", "Tu vas me quitter", "Au nom d'une femme", "Mrs. Jones" d'autre part, ont été habillées de paroles espagnoles (signées du spécialiste de l'adapt Ignacio Ballesteros) qui sonnent désormais parfaitement dans la bouche de la belle méditerranéenne.
Il faut préciser que certaines de ces chansons avaient bénéficié d'une première version espagnole qui n'avait peut-être pas convaincu la maison de disques locale et avaient donc fini en bonus du dernier live français. Une fois ces problèmes de textes et peut-être d'interprétation et d'accent, réglés, on est surpris de constater que les arrangements de Michel Curiot, Sandro Abaldonato, Pierre Jaconelli & Pascal Obispo, et même de Fabrizio Salvadori (l'ex-producteur d'Hélène) ou bien de Richard Cocciante avec Perathoner & Top, s'adaptent parfaitement à la langue de Meccano... D'ailleurs, si tous les titres ont été écrits spécialement pour Hélène, quelques-uns, tel "Elle, tu l'aimes", à l'origine une chanson portugaise d'Amalia Rodriguez, étaient prédestinés à revenir dans leur péninsule. Quelques chansons sont cependant restées en français, dont le "Vivre", extrait de "Notre-Dame-de-Paris", également "Il attend la pluie", un titre discret du second album...
Voici donc un album où, même en cherchant bien, on ne trouve rien à jeter, et surtout pas les photos de la pochette et du livret. Un album qui risque bien de donner du fil à retordre à l'Italienne Laura Pausini, bien implantée en Espagne et, par extension, en Amérique du Sud, depuis dix ans.