En 2004, on découvrait Eragon, ce jeune fermier fils de personne qui se révèle être finalement le plus grand espoir de l'Alagaesia. Depuis, Paolini a fait évoluer ses personnages et son histoires jusqu'à ce quatrième tome qui, je suis heureuse de le dire, valait bien cette attente interminable! Souvent, lorsqu'arrive le dernier livre d'un cycle, on ne peut retenir une pointe de déception soit parce que le final n'atteint pas ce que nous attendions, soit parce que tout se déroule trop vite, délaissant immanquablement de petites questions. Or, avec "L'Héritage", Paolini nous offre une "fin" complexe et complète qui selon moi doit sa beauté principalement aux personnages.
Roran entretient son titre de Puissant Marteau et sa capacité à mener les hommes, Nasuada nous démontre encore une fois la force de sa détermination et son droit à diriger, Murtagh et Thorn nous surprennent beaucoup et nous touchent également, Eragon et Saphira nous guident lentement mais sûrement vers leur destinée, tandis qu'Arya marche vers la sienne, nous étonnant là encore. Mais les secondaires comme Lupusanghren, Jormundur et Islanzadi ne sont pas en reste et apportent eux aussi leur lot d'émotions et d'actions qui influent sur le cours de l'histoire. C'est de cette multitude de personnalités que ce tome tire sa force et nous fait oublier quelques faiblesse ou extravagances du livre. Par exemple les prouesses de Roran qui en y réfléchissant sont à la limite trop grandes pour un homme n'usant pas de magie ou la puissance de Galbatorix que finalement on voit très peu. Pendant trois tomes et demi, nos personnages craignent le Briseur d'Oeufs et si la solution choisit par l'auteur me parait la mieux pour éviter un combat perdu d'avance qui aurait été tiré par les cheveux, cela ne m'empêche pas de me dire "bonne idée, mais un peu rapide quand même!" Et puis, les descriptions qui parfois sont tellement détaillées et longues qu'elles nous embrouillent ne laissant aucune place à notre imaginaire, mais à cela nous sommes habitués depuis le temps!
En revanche, en dehors de ça, Paolini nous tient entre ses pages du début à la fin, car en plus des petites surprises qui apparaissent ça et là, il nous en réserve deux, incroyables et magnifiques, qui marquent forcément le tournant de la guerre et la vie d'Eragon et d'Arya. Lorsqu'on tourne la dernière page et que tout s'arrête, l'émotion est forcément là, car la prédiction d'Angela reste valable et certains choix sont particulièrement difficiles à faire.
Entre joie et tristesse, "L'Héritage" met un point final splendide à ce cycle et nous laisse croire que peut-être, un jour, nous aurons d'autres nouvelles des Dragonniers, de Murtagh et de Thorn qui d'une certaine façon demeurent des parias et de l'étrange Angela dont on ne sait toujours rien malgré nos espoirs.