Cette cantata a tre composée à Naples par un Haendel de 23 ans ne doit pas être confondue avec l''Acis et Galatée' londonien plus connu. Quoi qu'il en soit, c'est une pure merveille que nous offre cet enregistrement. L'oeuvre foisonne en effet d'une richesse étonnante, notamment par la variété d'une instrumentation (violon, flûte à bec, hautbois, basson, trompette, clavecin concertant...) qui confère à chaque aria son individualité propre, un peu à la manière des cantates de J.S. Bach mais avec un entrain profane qui préfigure parfois la 'Water Music'. Et force est de reconnaître que les grands opéras futurs de Haendel atteindront rarement cet épanouissement des timbres, par volonté délibérée de simplification résultant de cette quête du naturel dans l'adéquation de la musique au texte dont l'origine semble remonter au compositeur napolitain Leonardo Vinci. A noter aussi que les voix sont exploitées au maximum de leur tessiture, des aigus retentissants d'Acis aux basses caverneuses de Polyphème.
Le soprano viril de S. Piau en Acis répond à la féminité veloutée de S. Mingardo en Galatée. Et l'excellent Polyphème de L. Naouri (quelle tenue des notes graves!) n'est pas pour rien dans le succès de l'entreprise. Les instrumentistes du 'Concert d'Astrée' rivalisent de présence et de virtuosité sous la conduite aussi sensible qu'enjouée d'E. Haïm.
Une révélation dans les meilleures conditions possibles.