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5.0 étoiles sur 5
Haendel alchimiste !!!, 23 octobre 2011
Haendel : "Publio Cornelio Scipione" (1726), Ch. Rousset, 1991, réédition remastérisée de 2010, 3 CDs Aparté, livret en trois langues, notice en fr. et anglais.
L'opéra nous raconte comment Scipion, pas encore nommé l'Africain (-234 à -183), sut se vaincre lui-même, à 26 ans ! et rendre Bérénice, la femme qu'il désirait, à Lucejo, l'homme qu'elle aimait. Cet épisode, longtemps célèbre sous le nom de "Continence de Scipion", est raconté par Tite-Live, et, comme Titus Manlius ou Lucius Brutus condamnant leur fils à mort l'un pour avoir désobéi à un ordre consulaire, l'autre pour n'avoir pas dénoncé un complot fomenté par son frère, ou encore comme Regulus retournant à Carthage pour honorer son serment quitte à en mourir, cet épisode est de ces anecdotes qui, à travers une peinture idéale de la force de caractère de ses hommes illustres, flattaient l'idée que Rome se faisait d'elle-même.
Composé en une quinzaine de jours sur un livret plutôt bâclé qui ne permit pas à Haendel de donner à Scipion toute la stature souhaitable, l'opéra fait suite à ce qu'on appelle la trilogie : Giulio Cesare, Tamerlano et Rodelinda. Malgrè ses faiblesses dramaturgiques, il était, au dire de l'abbé Prévost, auteur de "Manon Lescaut", séjournant en Angleterre dans les années 1730, une des oeuvres préférées du public londonien. Il jouit dans cet enregistrement d'une belle distribution, dominée par la Bérénice de Sandrine Piau. Avec son timbre limpide, fleuri et parfumé, elle est ici aussi poignante tragédienne qu'elle peut être ailleurs espiègle ou hilarante. L'accompagnent la belle mezzo Doris Lamprecht (Lucejo), l'excellent baryton Olivier Lallouette (Ernano), et, plus inégaux, le ténor Guy Fletcher (Lelio) et l'alto Derek Lee Ragin (Scipion) dont le timbre n'est pas toujours très séduisant. Christophe Rousset, et les Talents Lyriques, donnent à cet opéra, dont c'est toujours, semble-t-il, le seul enregistrement, l'énergie de la vie.
Qu'importe, après tout, un livret faible ou maladroit, d'abord parce qu'au disque c'est beaucoup moins dérangeant que sur le théâtre, ensuite parce qu'un musicien de génie transforme le plomb en or, et que Haendel est de ces alchimistes-là.
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4.0 étoiles sur 5
Un petit reproche, 15 septembre 2011
Cette réédition d'un Scipione enregistré il y déjà de nombreuses années n'attire de ma part qu'un seul reproche : qu'on excuse ma franchise, mais parmi le plateau d'excellents chanteurs (en particulier Sandrine Piau, sublime et si émouvante pour ce premier rôle dans un opéra de Haendel !), et au risque de dénoter par rapport aux autres avis, je ne peux pas supporter la prononciation de Derek Lee Ragin, qui me fait irrésistiblement penser à un coassement. Alors, c'est quand même le rôle-titre ... A part cela, un coffret absolument séduisant, l'emballage est spartiate mais au moins, il y a un bon livret d'accompagnement.
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5.0 étoiles sur 5
Une réussite !, 3 février 2012
Quelle belle remasterisation ! La musique de Hendel en sort brillante comme elle se doit être pour ce bijou baroque.
Sandrin Piau est divine, Les Talents Lyriques parfaits, que de mander de plus ?
Une belle édition ? Vous l'avez : 3 CD, livret complet. Une réussite !
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