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Haendel, "Theodora", (1750), Les Ages Florissants, William Christie, 2000, 3 CD Erato 2003, notice et livret en anglais, français et allemand.

Seul oratorio chrétien de Haendel (tous les autres sont inspirés de l'Ancien Testament, et "le Messie" n'est pas un oratorio dramatique), et dont l'histoire appartient aux légendes chrétiennes, non aux Ecritures, "Theodora" raconte le martyre d'une jeune chrétienne d'Antioche à l'époque de Dioclétien. Le grand librettiste Thomas Morell, qui s'est inspiré d'une pièce de Corneille, "Théodore, vierge et martyre" (1646), et d'un roman de Robert Boyle "The Martyrdom of Theodora and of Didymus", a produit un des meilleurs livrets qu'Haendel ait eu à mettre en musique: personnages forts et contrastés, intrigue solide et simple.

Sophie Danneman est admirable dans le rôle de Theodora, parfaite agnelle prête au supplice, Juliette Galstian, ne démérite nullement en Irene, (écoutez son magnifique "Lord, to thee, each night and day" qui ouvre l'acte III!), mais elle ne peut faire oublier Lorraine Hunt dans la version de Glyndebourne.

Daniel Taylor (Didymus), plus puissant qu'on ne l'attend, est d'une pureté de timbre, d'une clarté d'émission, d'une délicatesse irrésistibles; aucun son tubé, aucune note miaulée chez le contre-ténor canadien, et une diction parfaite, en un mot le don peaufiné par le style! Il forme avec Danneman un couple de martyrs hors du monde, comme déjà béatifiés... "Sweet rose and lily", comme il le chante lui-même !

Dans le rôle de Septimius, le rôle le plus riche du livret, celui d'un Romain qui reste fidèle aux dieux de ses aïeux, mais connaît la pitié et souffre des ordres inhumains qu'il a à exécuter, Richard Croft donne une fois de plus le frisson par une présence vocale exceptionnelle. Qu'importent quelques aigus éclatés, comme cela lui arrive, c'est l'éclat d'une arme blanche ! la voix est éblouissante, profondément mâle, chaude et solide, souple et naturelle dans les vocalises; quel admirable (entre autres) "Dread the fruits of christian folly"!

Nathan Berg fort, massif, à l'émission brutale, mais séduisant dans sa rudesse (en tout cas à mes oreilles), était tout désigné pour le rôle de Valens, ce gouverneur romain qui ne connait que la soumission ou le supplice.

Orchestre très clair, éclatant souvent, mais d'une grande pureté -ce qui n'est pas toujours le cas de l'OAE dans l'enregistrement de 1996-, et un choeur somptueux, achèvent de recommander cette version comme une des plus belles qu'on puisse entendre d'une oeuvre elle-même d'une force émotionnelle rare.
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le 7 janvier 2014
Il existe plusieurs versions CD de la "Theodora" de Haendel, oratorio dramatique souvent considéré, sans qu'il en existe la moindre preuve (si ce n'est l'intensité et la ferveur qu'Haendel a mises dans cette musique), comme le préféré du père de quelques merveilles du genre ("Athalia", "Esther", "Saul" ou encore "Samson" et "Jephtha" pour n'en citer que quelques unes).

Je laisserai de coté les deux versions DVD, celle, pourtant excellente, d'Ivor Bolton, ainsi que Christie I. Il existe par ailleurs une version CD de ce spectacle mis en scène par Sellars, mais pour moi cet enregistrement demeure associé de manière indélébile à sa mise en scène, que je tiens pour un monument de laideur et de prétention. Par ailleurs, la seconde version m’apparaît meilleure tant par sa distribution que par la conception d'ensemble proposée (détaillée plus bas), qui surclasse sans peine la délirante "lecture" de Monsieur Sellars.

On passera rapidement sur les versions les plus faibles de la discographie : Martini chez Naxos n'a, comme d'habitude, rien à offrir si ce n'est des chœurs surgonflés et indigents, et un orchestre aux qualités techniques déplorables, sans structure de base, sans projection du son, sans timbre, sur lequel les chanteurs, pourtant excellents pour certains (ailleurs), font du style (Mertens en Valens soigne son legato et ses vocalises, accompagné comme à la parade par un orchestre champêtre), s'époumonent (Schoch brame son Septimius) ou minaudent (le Didymus sucré de Vitzthum). L'oeuvre part complètement à vau-l'eau, mal dirigée, mal préparée, et surtout confiée à un orchestre et à un chef de quatrième zone.

La direction de McGegan est, comme à son habitude, molle, plate, dénervée, sans imagination, sans arêtes. Malgré la présence de l'admirable (et regrettée) Lorraine Hunt en Theodora, l'Irène engagée et solide techniquement de Jennifer Lane (beau "As with rosys steps the morn", sombre et recueilli), le reste de la distribution déçoit : David Thomas est un Valens par trop martial et donc trop peu nuancé car surjoué. Drew Minter en Didymus est totalement dépourvu de charisme et de stature interprétative, en raison d'une émission instable et faiblarde et d'une voix "extra-small" comme disait à juste titre un autre discographe dans L'Avant-Scène Opéra. Jeffrey Thomas est un Septimius connaissant des défauts de justesse rédhibitoires dans "Descend kind pity" et "From virtue springs". Pour Lorraine Hunt et Jennifer Lane, on peut néanmoins tenter l'aventure, mais à condition de posséder déjà de meilleures versions.

Harnoncourt est lent, maniéré et occasionnellement lourdingue (l'ouverture ! les chœurs des païens !). Le plateau est discutable : l'Irène très extérieure de Jard Van Nees, le Valens très "homme du monde" de Scharinger, sans doute surinterprété, le Septimius de Blochwitz, engorgé, ou encore le Didymus de Jochen Kowalski, à la peine dans les passages techniques. Reste la vivante Theodora d'Alexander, aux aigus néanmoins étriqués et aux graves trop durs.

Neumann est admirable de finesse, de ciselure du détail, d'intelligence du texte, de respiration chorale. Pour ne donner qu'un exemple, sa lecture de "Thither let our hearts aspire" est particulièrement lumineuse. Comme on le sait, ce duo Didymus-Theodora suit immédiatement le "Streams of pleasures" de Didymus, qui doit être (et qui l'est toujours) pris suivant une pulsation relativement lente, pour marquer l'imprégnation de l'appel de l'au-delà (le texte est clair à cet égard). Là ou les chefs reconduisent généralement ce tempo dans le "Thither let our hearts aspire", Neumann marque l'articulation en proposant un tempo plus dansant, pour le faire concorder avec l'appel du divin se faisant plus fort (cet appel du divin, que l'on trouve d'ailleurs sous une autre forme dans la merveilleuse Symphonie de la seconde partie, précisément dans le contre-chant de la flûte). Par ailleurs, le Collegium Cartusianum et le Kolner Kammerchor sont en symbiose.

Hélas, Peter Neumann n'a que rarement bénéficié, pour ses enregistrements des oratorios de Haendel, et ce malgré sa probité, de distributions de premier plan. Si Johannette Zomer est une Theodora plausible, quoiqu'un peu courte dans les aigus, Sytse Buwalda miaule un peu trop et est également en délicatesse avec les notes montantes. Par ailleurs, Knut Schoch, meilleur que chez Martini (ce n'est guère difficile, l'écart entre l'orchestre et le chanteur y est tel que même le meilleur des techniciens - ce qu'il est loin d’être - n'y ferait rien), reste trop fruste, et Tom Sol est un Valens trop monolithique. A la rigueur le First Elder de "Susanna" (qu'il a chanté et enregistré honorablement avec Neumann).

Christie II possède un orchestre (ses Arts Florissants, la première version étant avec l'Orchestra of the Age of Enlightenment) clair, éloquent, éclatant même. L'anglais du chœur n'est pas toujours irréprochable, mais la distribution est exceptionnelle : le Didymus merveilleux de poésie, de douceur, de sensibilité et de clarté de Daniel Taylor, moins incarné et moins chevaleresque que Robin Blaze (McCreesh), mais comme d'emblée habité par son martyre futur. Il forme un couple déjà béatifié avec la Theodora angélique de Sophie Daneman, dont la pureté de la ligne égale le sens de la déclamation. L'Irène de Juliette Galstian est solide et fervente, elle qui n'a pas la foi totalement détachée de Theodora, mais qui constitue par excellence le coryphée des chrétiens. Richard Croft, éclatant de vitalité, habitant le rôle de Septimius de sa présence charnelle, constitue quant à lui la synthèse écartelée entre la pureté de ses amis chrétiens (quels aigus !) et la brutalité de sa mission, que l'inoxydable Valens du fruste mais très cohérent Nathan Berg lui confie. Il semble bien que Christie ait voulu marquer le contraste entre les deux martyrs, les personnages "intermédiaires" (entre deux mondes ou deux niveaux de réalité dans la foi), et la brute galonnée. Rare intelligence et rare cohérence dans le choix de la distribution, mais qui entraîne parfois Christie dans trop de séraphisme, au détriment du drame. Ainsi, le "Thither let", pour revenir sur cet exemple, est pris trop lentement, comme détaché des contingences extérieures. On ne sent pas l'urgence de Neumann ou la réflexion de McCreesh ; seulement une certaine mollesse que l'on relève de temps à autre chez cet haendelien de valeur.

McCreesh enfin est mûri, réfléchi, posé, irréprochable dans l'articulation, dans la différenciation des timbres, dans la préparation de l'orchestre et du chœur (quelles couleurs chez les altos ! Il faut dire aussi que disposer de David Clegg, Lucy Ballard, Richard Wyn-Roberts ou encore Robin Tyson aide). Il mène son affaire avec assurance et fermeté, mais aussi avec élégance et poésie. L'oeuvre scintille de tous ses feux sous sa baguette (tout comme son sublime "Solomon" et son superbe "Saul") ; elle démontre par sa simple existence son admirable composition et sa profonde cohérence. Là ou les lectures médiocres passent superficiellement sur la liaison des scènes, tant sur le plan théâtral que tonal ou encore harmonique, McCreesh tisse patiemment, savamment, sans pédantisme, sans maniérisme, la trame, et rend ainsi justice à "Theodora" mieux que quiconque.

Le plateau est impeccable : la Theodora de Susan Gritton n'est pas aussi détachée que celle de Sophie Daneman. Moins "mystique", sa force réside plus dans sa vertu que dans sa foi. Robin Blaze, alors au meilleur de sa forme (2000) est le plus chevaleresque et le plus incarné des Didymus. Susan Bicklet est une remarquable Irène, agile dans la vocalise ("Bane of virtue"), sans aigreur, sans la moindre petite pointe de "rêche" dans le timbre comme on peut souvent le reprocher aux mezzos. Paul Agnew, dont le timbre très homogène et sans faiblesses demeure un peu vibratile, campe un Septimius humain avant tout. Neal Davies enfin, est admirablement stylé et nuancé ; il suggère en Valens simultanément un froid politicien et un homme de conviction prêt à assassiner au nom de la justice pour maintenir l'ordre (ou ce qu'il croit être l'ordre).

Cette conception de "Theodora" est certes différente de celle de Christie, mais j'aurais tendance à penser que les deux lectures sont possibles, avec une préférence personnelle pour celle de McCreesh. McCreesh insiste dans le livret de présentation (coécrit avec la musicologue Ruth Smith, qui a renouvelé l'étude des oratorios anglais de Haendel, en fondant davantage ses travaux sur l'analyse des livrets) sur l'idée que "Theodora" serait avant tout un drame de l'humain et un plaidoyer pour la liberté de pensée en matière de religion. Christie voit sans doute plutôt en "Theodora" un exemplum chrétien, un récit de martyr au sens vraiment spirituel du terme. Il faut à mon avis avoir ces deux visions pour pouvoir ensuite éventuellement se décider.

Neumann fait un parfait troisième choix. Quant au reste, on évitera surtout Martini. Les admirateurs des oratorios de Haendel par Harnoncourt ne se laisseront pas rebuter par mes critiques, et McGegan pourra toujours séduire, pour Lorraine Hunt et Jennifer Lane.
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le 9 octobre 2008
il existe un DVD dirigé lui aussi par ce bon William , filmé par P Sellars : il s'agit d'un chef d'oeuvre , tant pour l'interprétation ( L Hunt ) que pour la scénographie . oublions vite ce CD indiqne du chef d'oeuvre absolu de HAENDEL .
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