Huit films (et non six, comme le prétend ici fort bizarrement un commentateur probablement ultra-bigleux) puisés dans la toujours malle aux trésors de nos adorés studios (anglais) Hammer, référence des références (notamment, pour les fabuleux décors et les merveilleuses couleurs), et avec souvent leur vedette Peter Cushing, soit comme chasseur de vampire(s) bien connu, soit comme Dr Frankenstein.
Brides of Dracula (en français, Les maîtresses de Dracula) n'est certes pas le plus connu de la série, et Christopher Lee cède la place à un jeune bellâtre assez insipide, de même que sa jeune victime principale a l'air plutôt godiche. Mais il y a une formidable actrice jouant la vieille baronne, Yvonne Montaur, que le scénario en conséquence aurait dû prévoir de faire vivre plus longtemps avant de mourir vivante!
Ensuite, on se régale de deux très grands classiques du maître Terence Fischer : La nuit du loup-garou (à la conclusion hyper expédiée, mais c'était une habitude de l'époque de ne pas traîner plus de deux ou trois minutes avant le générique de fin pour trouver la chute d'un film), qui ne se distingue pas par un abus d'effets spéciaux (la transformation du monstre) comme on le fit si ennuyeusement par la suite lors de nombreux remakes tape-à-l'oeil; et puis la meilleure version sur le thème (de Gaston Leroux, on a tous lu ça palpitants étant ados) du Fantôme de l'Opéra (là aussi sans trop de grang-guignol, et une fin pleine d'humanité, à savoir de pitié pour le prétendu monstre).
Paranoiac (encore avec Oliver Reed, un acteur dont je ne suis pas fou, notamment de son expression un tantinet bovine) est, lui, un bel exercice de style en noir et blanc où un méchant (qui joue de l'orgue complètement zinzin à la Dr Phibes ou d'ailleurs à la fantôme de l'Opéra, cadavre caché derrière les tuyaux!) a zigouillé son frère (mais est-ce bien lui qui revient comme si de rien n'était, plusieurs années après?). Dans Nightmare, finalement au thème assez proche, c'est une autre déclinaison avec une maison pleine de recoins où l'on essaie de rendre folle la putative jeune héritière pour faire main basse sur le magot. (Et dans le même genre, voir aussi un autre film, Hurler de peur...)
Ensuite encore, c'est exceptionnel de trouver ici (car la seule version sous-titrée français, à ma connaissance) l'un des deux ou trois meilleurs films du petit maître Don Sharp, Le baiser du vampire. Sans rapport avec le nullissime remake au titre approchant avec Nicolas Cage, évidemment, et un petit côté Comte Yorga mais là encore infiniment supérieur (fabuleux décors dans un vieux château très tendance Hammer).
Peter Cushing encore pour les deux films restants : le rare Night Creatures où il joue un pasteur qui est en réalité le pirate et capitaine Clegg moins mort pendu qu'on le pensait, ayant converti tout un village aux bienfaits de la contrebande d'alcool (donc poussant le... bouchon un peu loin, mais c'est pour les bonnes oeuvres), et, tout en les tournant en barrique, pardon en bourrique, semant la panique parmi les soldats du roi venus flairer la bibine illégale, en chevauchant la nuit à travers les marais après avoir revêtu des capes peintes de squelettes fluorescents pour effrayer les gogos (film plein d'humour...); et enfin, Evil of Frankenstein (L'empreinte de, en français, on s'y perdrait...), qui n'est pas parmi les cinq de ce thème dus à Terence Fisher puisque de Freddie Francis (et il y eut ainsi 8 films Frankenstein au total), pas mal du tout même si pas le meilleur des meilleurs de la série.
Les huit films (en 2 DVD) de ce coffret sont tous des reports superbes et tous, je le confirme, sous-titrés français.