La fascination des systèmes oppressifs.
Cet ouvrage est remarquable à plus d'un titre.
Dans son organisation interne il comporte des séquences d'enquêtes, des récits, des entretiens réels et imaginaires, des reportages, le tout dans un style sobre, détaché, et sans parti pris.
Pour qui ne maîtrise pas aisément l'histoire de cette période (pour l'essentiel 1930-1945) les données historiques sont solides, bien documentées et délivrées de la pesante idéologie propre à certains pompeux historiens.
La famille Hammerstein revit sous nos yeux, replacée dans ces événements qui ont bouleversé notre époque. Personne n'en sort indemne. Comme tant d'autres. Mais ils ont tous joué leur rôle en acteurs plus qu'en spectateurs de leur temps. Les idéologies mortifères de ces sombres années, qui ont précipité l'Europe sous les ruines et accéléré sa décadence nous semblent aujourd'hui incompréhensibles et plus encore la complaisance aveugle des gens à l'égard ces fautes contre la raison que constituent le communisme et le nazisme.
Ce livre est une occasion de plus pour réfléchir au mal qu'ils ont fait à nos sociétés et aussi de scruter le temps présent pour en détecter et en éradiquer le retour.
Les européens ne peuvent plus se permettre de recommencer un tel chemin absurde vers l'horreur et l'indignité. Ce que Kurt Hammerstein avait compris dès 1933' dans la solitude.
Remercions Hans Magnus Enzensberger d'avoir éclairé notre réflexion et d'avoir montré qu'en Allemagne aussi les souffrances engendrées par ces folies doctrinaires ont été immenses et restent inguérissables' à tous ceux qui survécurent.
Les lecteurs francophones trouveront dans ce livre de quoi rompre avec les poncifs dont ils sont gavés par certains médias et universitaires, adeptes forcenés et irréductibles d'une germanophobie psychotique et périmée.
Pour finir, cet excellent ouvrage, comporte un index des (nombreux) noms cités, commodité que bien des éditeurs négligent de donner à leurs lecteurs.