¼uvre majeure de Kitano, ce film à pour thème principal : la mort. Et pour cause, le réalisateur nippon l'a frôlée dans un accident de moto et a ensuite décidé de réaliser Hana Bi. L'histoire est simple, ici Nishi, un policier Japonais interprété par Kitano himself voit son collègue Horibe handicapé à vie au cours d'une mission et entre temps il apprend que sa femme est atteinte d'un cancer et que ces jours sont comptés... Comment réagir face à cela ? La rage ? La vengeance ? Kitano répondra par le silence, une arme qu'il a affûtée tout au long de ces films... Nishi cherchera à faire de la fin de sa femme, un feu d'artifice (Hana Bi en Japonais signifie : feu d'artifice), une sorte d'apothéose à une autre vie, spirituelle celle là. Dans ce film, Kitano choisit de ne développer aucune intention lascive, comprenez par là que les rapports charnels sont inexistants, aucune paroles, les derniers moments du couple passeront par un échange de regards, de sentiments, le coeur parlera pour eux. Kitano préférant laisser parler les images grâce à une série d'ellipses et de non dit. Comme si il n'était déjà plus de ce monde et qu'il n'avait donc pas besoin des outils physiques comme la bouche pour dialoguer, tout passe par le spirituel, par le subconscient, et c'est en cela que ce film est magnifique. Nishi tout au long du voyage va prolonger la vie de sa femme dans un monde utopique, en effet à maintes reprise la Mafia et la Police viendront le déranger au cours de son exil sentimental, et en aucun cas sa femme ne s'en rendra compte, il la place comme dans une sphère ou les dangers seraient invisibles. Nishi est comme un homme déchargé de la pression qui l'entoure, comme en apesanteur, sans entrave ni fardeaux, consumant sa vie dans une ultime incandescence et, du même coup, retrouvant des plaisirs oubliés. C'est un film poétique, qui chamboule tout, un film à vous faire pleurer, un film rare et intense, bref une ½uvre de c½ur, celle de Kitano.