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5.0 étoiles sur 5
Tout pour Joyce ..., 22 décembre 2008
Il arrive parfois, même lorsqu'un disque n'est pas parfait, que l'envie de mettre la note maximale soit irrésistible. Celui-ci en fait partie. Joyce Di Donato s'est fait un nom depuis quelques années en abordant quelques rôles clés d'opéras d'Haendel et Mozart avec des chefs spécialisés (Spinosi, Mackerras, Curtis, Christie, ...). Voici sa première collaboration avec Christophe Rousset et ses inséparables Talens Lyriques. Selon la soliste, l'entente au cours de ses sessions était totale. Cependant, je regrette de devoir dire que son accompagnement manque à ce point de fougue, de présence et de vie théâtrale, un peu à la "Minkowski survitaminé" ou à la "Jacobs incendiaire". Ici, il se fait tellement discret qu'à la fin, on ne retient que la performance fabuleuse de Di Donato. Est-ce par modestie qu'il s'est ainsi mis en retrait ? S'il est une qualité qu'on peut lui trouver, c'est de laisser "sa" soliste pleinement s'épanouir, sans jamais hacher la ligne mélodique ou dominer sa partenaire, ce qui n'est pas si mal.
En revanche, Di Donato irradie la scène de sa présence. Elle possède le legato, la technique de chant, transcendante, qui lui permet, mieux que de déjouer les passages les plus techniques, de s'en servir pour les besoins expressifs des airs. Et les exigences ne sont pas moindres dans Haendel ! Son théâtre est extrême et sollicite les solistes à chaque instant, sur tel mot avec une appogiature, sur telle syllabe avec un trille, sur telle autre avec un portamento expressif. Ajoutons à cela les choix d'ornementation de la soliste qui ne font pas qu'ajouter des difficultés. Mieux : ils servent la dimension expressive et psychologique des personnages, ce qui n'est pas si fréquent, bon nombre de solistes ne s'en servant que pour valoriser leur instrument (Magdalena Kozena orne à l'infini, mais cela n'est pas très parlant !). Rien que pour cela, le récital s'imposait. Ses ressources vocales lui permettent de passer en un clin d'oeil d'un affect à l'autre et ils sont nombreux : la douceur (Dolce Riposo), l'élégie (Cease, Ruler Of The Day, To Rise), la folie (Crude Furie, Where Shall I Fly?), la trahison et le désespoir (Scherza Infida), l'incertitude et la vengeance (Air de Sesto, Giulio Cesare), l'accablement et la résignation (l'air d'Admeto, Acte I Scène I), le machiavélisme (Air de Semele) et la fureur (les autres airs ou même, tous d'après le titre de l'album) : Rien que cela !
Des défauts ? Peut-être un. La merveilleuse Joyce a une qualité rare : sa grande force est de savoir caractériser les personnages qu'elle incarne. Pour que les mots et les phrases qu'elle chante prennent tout leur sens, elle accorde une grande importance à l'articulation, ce qui est vraiment bien. Seulement, il lui arrive parfois de surarticuler certaines syllabes comme pour "encore mieux faire". Ce qui peut se comprendre, compte tenu de la forme olympienne de cette voix et de son implication viscérale. Mais peut-être est-ce un rien exagéré ? La question reste en suspens. En tous les cas, voici l'un des meilleurs récitals que j'ai entendus, tant par son intelligence que par la qualité de son interprétation.
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9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
SIMPLEMENT FABULEUX, 1 janvier 2009
Joyce DiDonato compte parmi les plus sensationnelles mezzo de l'époque.
En plus d'une voix superbe et d'une technique sans faille, elle possède un don extraordinaire pour faire passer une émotion inimaginable que ce soit en concert, en récital ou à l'opéra.
Ce disque est une réussite totale pour Joyce. On aurait pu préférer avoir un accompagnement orchestral plus vivant mais il n'y a rien de délétère.
L'énorme succès de la tournée "Furore" confirme l'excellence de ce disque
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10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
La plus grande, 16 décembre 2008
L'orchestre est effectivement ectoplasmique, mais ça n'a aucune espèce d'importance parce que Joyce est un orchestre à elle toute seule. Elle est capable d'une variété technique infinie, retrouve par moment des accents de Maryline Horne, a des graves profonds et des aigus d'une grande subtilité, comme dans les circonvolutions du Scherza Infida. Elle garde toujours une grande expressivité et un grand sens musical, à l'aise autant dans la furie que dans la plainte, malgré un orchestre qui effectivement tient de l'accompagnement de karaoké. Pourquoi une grande maison de disque va chercher des orchestres aussi inexistants pour le premier récital de la princesse du bel canto ? Mystère.
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