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Un superbe opéra tragique, 2 mai 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Handel : Tamerlano (CD)
Tamerlan ou La Mort de Bajazet,s'inspire de l'histoire de Tamerlan et du sultan ottoman Bajazet qu'il a vaincu et fait prisonnier.
Haendel avait d'ailleurs probablement connu en Italie l'opéra Il gran Tamerlano d'Alessandro Scarlatti sur un livret d'Antonio Salvi, opéra représenté à Florence en 1706, soit à peu près l'époque où Haendel séjourna dans cette ville. Antonio Vivaldi utilisa ce thème en 1735 pour composer Bajazet.
Autant dire que le livret ressemble à une véritable tragédie crnelienne et grâce à lui, cet opéra est l'une des œuvres majeures de Haendel, composée en l'espace de vingt jours, en juillet 1724 et plusieurs fois remanié.
Onze années avant que Vivaldi ne s'empare du même sujet, Haendel aborde déjà, la figure du prince oriental, cruel en ses débuts, humanisé et civilisé à l'issue de l'action.
L'oeuvre offre l'un des thèmes les plus sombres et tragiques de la scène héroïque. Même si l'humanisation du Tartare Tamerlano s'accomplit après que son rival se donne la mort (Bajazet), offrant un exemple de noblesse et de courage, l'intrigue met en scène passions et cruauté, tyrannie et suicide, dans une partition époustouflante par son écriture et ses enchaînements d'airs et de récitatifs.
Le rôle de Bajazet est l'un des premiers rôles principaux de ténor à l'opéra, dans le sillage de l'engouement de l'époque pour les turqueries et l'exotisme. Son sombre air funèbre marque un des sommets du génie de Haendel.
John Elliot Gardiner s'entoure ici de ses équipiers traditionnels. Ainsi un Derek Lee Ragin impérial en Tamerlano dont l'éblouissant air "a dispetto" un tube de Haendel est littéralement renversant avec sa texture de contre ténor assez unique.
Nigel Robson campe un sombre et inquiétant Bajazet, clamant avec autorité son texte, d'une voix mâle et dure.
Nancy Argenta est la tragique et convaincante Asteria et le magnifique Michael Chance en Andronicus dont toutes les facettes de sa voix vous pénètrent l'âme; fière et tendrement attachée à son père Bajazet.
Côté fosse : une partition réellement enchantée, abordée avec finesse et parfois passion par Gardiner et son english baroq solist qu'on ne présente plus, véritable maître des partitions baroques anglaises et allemandes, d'une richesse et d'une justesse incroyable. En prime, le fabuleux Montverdi Choir, sans doute un des plus beaux ensembles pour ce type de répertoire, bref une alchimie qui rend se disque irremplaçable dans toute bonne discothèque haëndelienne.
Cette réédition est une véritable bénédiction et la version présentée ici par Gardiner reste au sommet de la discographie malgréé la concurrence de Trevor Pinnock ou de Mac Creesh.
Une aubaine !
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