Longtemps incendié par la presse spécialisée, hans Zimmer, autrefois baptisé le spécialiste du vrombissement musical est avant tout un auteur généreux. Et même s'il a pas mal tambouriné sur les scores de Rock, du Peacemaker ou de Broken arrow, mais pour notre plus grand plaisir, il a su imposer des genres ethniques à la musique de film envoutants et parfois inoubliables. Rappelez-vous Rain man. Après son oscar pour le Roi lion (Mais bien d'autres de ces oeuvres ne le méritaient-elles pas plus???), il nous a offert le Gladiator d'un auteur plus réfléchi, talentueux et surtout génial. Hannibal prouve qu'il est bien plus qu'un arrangeur ou un abonné du sampler et de la boîte à rythme. Non seulement, les orchestrations informatiques s'effacent peu à peu pour laisser un grand orchestre le servir, mais là où des compositeurs comme Howard Shore se contentaient de donner un parfum aux films noirs comme pour Le silence des agneaux ou Seven, Zimmer recrée le duel du romantisme et de la frayeur et le brio d'un docteur Lekter à travers des choeurs et des violons très étudiés. Virtue est un chef-d'oeuvre d'ambiguité, To every captive soul, un hymne lyrique terrifiant. On appréciera ou pas que la voix d'anthony Hopkins se mêle parfois à ces choeurs, plages 1 et 9 en particulier. Mais si ce Hannibal ne ravira peut-être pas les purs fans de Hans Zimmer, il le consacrera en revanche certainement comme l'un de nos plus grands compositeurs contemporain faisant presque ombrage au Bach de l'Aria Da capo.