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5.0 étoiles sur 5
Derrière la façace, 9 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Harakiri (DVD)
Avec ce film remarquable, Kobayashi dévoile d'une manière implacable l'hypocrisie d'un système moral qui prétend pourtant justifier la domination d'une classe sur une société; derrière la facade emergent la lacheté, la mesquinerie, l'inhumanité, véritables composantes de toutes les formes de domination. Avec une extraordinaire maitrise des plans et un grand sens du récit, c'est une véritable leçon de ce que pourrait être le cinéma qui est içi donnée.Chef d'oeuvre!
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22 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Maître Kobayashi ., 30 janvier 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Harakiri (DVD)
Est il besoin de présenter ce maître du cinéma du soleil levant ? Le réalisateur de Kwaidan et de La Condition de L'Homme ,nous offre ici un des ses plus beaux films. Hara Kiri constitue avec Rebellion , un diptyque , qui nous montre toute l'absurdité et la fatuité du fameux code d'honneur samurai le Bushido .
Le Hara Kiri est ici désacralisé , vidé de tout son sens chevaleresque notamment dans cette scène culte où l'on voit des samurais prendre plaisir à obliger un pauvre ronin à se faire Hara Kiri avec son sabre de bambou !!!
Tatsuya Nakadai est fascinant , son interprétation est comme toujours aussi habité inquiétante .Son regard servi par une photographie noir et blanc hallucinante.
Cette oeuvre très abouti et fulgurante , passionne par son histoire construite en forme de suspens qui plaira aux plus connaisseurs du cinéma japonais comme aux ne ophites curieux .
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13 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Une leçon de cinéma, 4 janvier 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Harakiri (DVD)
Avec cette œuvre magnifique et fascinante, Kobayashi donne à voir et à méditer sur la condition humaine, quitte à prendre au piège son propre spectateur. Après une ouverture sobre et posée où un ronin se présente dans un clan de samouraïs afin de s'ouvrir le ventre pour en finir avec sa vie de misère, un flash-back sur un autre ronin s'étant retrouvé dans le même situation est narrée dans le but de faire fléchir le premier : malgré tout l'aspect tragique de l'histoire, difficile de s'empêcher de rire en voyant Chijiwa prétendant s'ouvrir le ventre en espérant une aumône ou un emploi, et qui se voit contraint de le faire réellement sous la pression des samouraïs et malgré ses protestations, au nom de son honneur ainsi que de celui du clan... Mais lorsque l'on constate que le sabre est en fait en bois, et que la mort est immensément plus douloureuse et plus longue, que la sueur et la sang transpire des plans en contre-plongée de Kobayashi, le doute s'installe : ce ronin a-t-il vraiment eu ce qu'il méritait, même s'il se déshonorait en s'offrant au jeu du chantage humaniste ? Après tout peu importe, il a joué, il a perdu, tant pis pour lui. Exposé à de tels faits, le spectateur a du mal à éprouver de la compassion pour Chijiwa...
A partir de là, Kobayashi entreprend de raconter comment cet homme est parvenu jusqu'à cette extrémité absurde, le chantage au suicide. En prenant son temps, au rythme lent des paroles de Nakadai, la triste vie de Chijiwa est reprise depuis le début, et toutes les causes de son seppuku final sont explorées : orphelin, samouraï sans emploi, pauvreté, femme malade, enfant en bas âge souffrant, plus d'argent, sabre vendu et remplacé par du toc, du bois, qu'il retournera sous la contrainte contre lui, les médicaments nécessaires hors d'atteinte, l'obligation de sa rabaisser au rang de ceux dont il dénonçait la lâcheté quelques temps auparavant, pris au piège d'un code d'honneur qui sauve les apparences et qui bafoue la dignité humaine... Soudain, on a compris où Kobayashi voulait en venir : lorsqu'on s'arrête aux faits bruts de décoffrage, sans analyse, on n'a qu'une vision tronquée de la vérité, et l'on rit bêtement du malheur des autres. Mais quand on creuse, quand on cherche le pourquoi du comment, tout peut être est remis en cause : les ridicules peuvent devenir bons et braves, les hommes d'honneur peuvent devenir des bêtes sanguinaires et bornées. Et même si l'épilogue est amère, même si tout cela est vain, la vérité a cependant éclaté l'espace d'un instant, les protagonistes se sont remis en cause, au moins intérieurement.
D'une beauté formelle éblouissante à peine effleurée par des zooms pas toujours très délicats et des scènes de sabre plutôt approximatives, d'une richesse thématique rare et universelle, Hara Kiri est bien le chef d'œuvre annoncé, et une des références cinématographiques mondiales.
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