Etant de moeurs plutôt libres, le X ne me choque pas vraiment, encore que ses dérives actuelles vers le "crad" soient souvent nauséeuses et m'inspirent les plus vives réticences. Je crois que le porno peut être beau, voire même artistique, quand il est réalisé par des esthètes et qu'il respecte les acteurs et surtout les actrices qu'il met en scène. Ne nous voilons pas la face, le X a toujours existé, y compris avant l'invention du cinéma, il prenait simplement d'autres formes. On a bien retrouvé des vases et autres poteries vieilles de 5000 ans ornés de sculptures représentant des couples en train de copuler! Le problème, c'est que la pornographie telle qu'elle existe de nos jours est moins un art qu'une industrie extrêmement juteuse (!) qui hélas ne se soucie guère, ou rarement, de ménager ceux et celles qui peuplent ses rangs. Vue de l'extérieur, cette industrie peut séduire, certes. Quoi de plus agréable, en apparence, que de gagner sa vie en prenant son pied? Seulement, pour quelques superstars du X, style Jenna Jameson, qui ont fait fortune à la sueur de leur sublime croupe et trônent aujourd'hui à la tête d'un empire, combien de hardeuses à la petite semaine se laissent lentement détruire par ce milieu si particulier? Le mérite de ce témoignage, c'est qu'il nous montre précisément l'envers du décor, ce qu'on ne verra jamais à l'écran et qui est hélas assez édifiant! Entrer dans ces pages, c'est plonger dans la réalité quotidienne d'une actrice porno lambda, avec son triste cortège d'humiliations. Pourtant, curieusement, ce livre n'est pas le réquisitoire auquel je m'attendais vaguement. Raffaëla Anderson se veut simplement honnête et objective. Sans chichis, sans souci de beau langage, elle raconte simplement son vécu avec des mots à la fois crus et simples. Que certains y prennent un plaisir voyeuriste, c'est leur affaire. Moi, ce récit m'a tout simplement émue.