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73 internautes sur 78 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Apothéose du deuxième cycle …, 28 novembre 2003
«Harry Potter et l’ordre du phénix» que j’ai dévoré dans son édition américaine (publication de qualité remarquable, soit dit en passant), constitue le point d’orgue du second cycle d’Harry Potter entamé avec «Le prisonnier d’Azkaban». Les deux tomes qui façonnent la première saga ordonnaient les mondes magique et humoristique d’Harry. Le tout était saupoudré d’une originalité à faire pâlir Merlin (l’enchanteur de la Table Ronde), et était imprégné de généreuses pincées de poudre de magie noire … De même que le héros grandit et mûrit, le deuxième cycle des péripéties de Prince Harry se propose de s’évader des chemins battus de la fable et de négocier le virage du roman. Madame Rowling tisse des rapports plus complexes entre des personnages tout aussi attachants, mais plus composés, moins manichéens. Et «L’ordre du phénix» arrive au son des premières clameurs de l’adolescence! Les sentiments s’alambiquent plus encore : Harry Potter doute de lui-même et de ses amis, Harry Potter a des sautes d’humeur qu’il ne comprend ni ne contrôle, Harry Potter se sent abandonné, isolé, incompris, Harry Potter se sent (et est) manipulé… L’auteur nous avait déjà conquis par ses talents de conteuse. En intégrant les affres de la première adolescence avec la toile que tressent les adultes autour de Harry, Joanna Kathleen Rowling se révèle en plus être une grande romancière. Harry, dont le truchement avec Voldemort s’intensifie de manière dramatique, Harry se débat contre la médisance de ces magiciens qui le traitent de menteur, de prétentieux, de snob qui a fantasmé le retour de Voldemort. Malgré une intrigue qui semble (je pèse mes mots, semble) plus tenue que dans les deux tomes précédents, l’auteur réussit une fois de plus et pour notre plus grand ravissement à nous captiver de bout en bout. «L’ordre du phénix» est un tourbillon de «un pas en avant, deux pas en arrière». Pour le prix d’une réponse, deux nouvelles questions vous sont assenées. Affolant. Il est tout simplement impossible de fermer le livre. Une page plus. Un chapitre de plus. Lire les mots. Savoir … Ce cinquième livre contient une autre transformation de taille. Si tous les protagonistes de la saga se réunissent, les rôles sont momentanément redistribués. Le roman se polarise sur Harry et sur sa dépendance d’avec Voldemort . Ron, Hermione, Hagrid, pour ne citer qu’eux, ne jouent que des rôles de passage, de soutien, et ne participent pas vraiment à l’intrigue. D’autre part, des personnages que l’on croyait accessoires, Seamus, Neville, par exemple, se révèlent et apportent une nouvelle eau au moulin du mystère de la survivance d’Harry Potter et de l’assassinat de James et Lili Potter. Il est impossible en si peu de mots de couvrir tout le bien que l’on voudrait dire au sujet de ce grand roman, à mes yeux le meilleur de la série. Deux choses sont cependant certaines: ces vacances de Noël 2003 en francophonie seront sereines et emplies du bruit des pages que l’on tourne, que l’on lit, que l’on aime; quant à moi, j’ai déjà entamé la longue (?) attente de la parution du sixième chapitre … Au moins, juin 2004 devrait être marqué par la sortie cinématographique du «Prisonnier d’Azkaban» … comme amuse-bouche.
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