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4.0 étoiles sur 5
Une épopée brésilienne, 25 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hautes terres (Broché)
E. Da Cunha libéré des limites d'un article de presse occupe tout l'espace de ce récit pour témoigner de ce mouvement qui en 1897 aboutit à la guerre de Canudos dans la région du sertao bahianais de la toute jeune république du Brésil (1). Là où plus tard Mario Vargas Llosa, se basant grandement sur le récit de Da Cunha, nous livrera une version romancée et en partie fictive de ce drame, l'auteur des «Hautes terres» va se livrer à une véritable autopsie du contexte écologique, géographique, climatique, ethnique et sociologique avant de témoigner dans un luxe de détail des différentes phases des combats.
Au passage, fidèle à ses conceptions, il nous décochera un argumentaire hautement douteux faisant de l'origine raciale et surtout des métissages une justification à la médiocrité physique ou psychologique de tout ce qui n'est pas finalement la race blanche.
Cependant tout comme avec Vargas Llosa, le grand absent de cet immense récit reste « Le Conseiller » sur lequel on ne sait finalement que peu de choses. Dans cette secte dont il serait le maître, il n'apparaît ni comme un gourou, ni même comme un chef militaire qui se serait servi de la religion pour parvenir à ses fins. Antonio le Conseiller se contente d'annoncer la fin du monde et de satisfaire à quelques lubies comme construire des églises et des cimetières. Autrement dit il pourrait n'être qu'un vieux fossile qui a du mal à évoluer, un obsédé de l'apocalypse, très certainement un type qui relève de la psychiatrie mais certainement pas un gourou hautement narcissique du genre Jim Jones.
Sauf que les temps étaient mûrs pour que s'affrontent deux conceptions opposées, celle de l'archaïsme intérieur des terres dont au Brésil le sertao est un symbole -jusqu'à faire de ce mot un générique signifiant « plouc »- et celle de la civilisation dont le littoral serait le phare éclairant l'avenir. Cangaceiros, bandits de toutes sortes, pommés et laissés pour compte se sont réunis autour du conseiller pour y trouver une raison d'être à leur misère, mais la république naissante dont cette troupe bancale refusait les lois ne pouvait laisser s'installer une rébellion qui la fragilisait ses bases déjà instables.
Ici Da Cunha nous livre un témoignage d'une incroyable culture, et dans un style d'un tel modernisme qu'on le croirait actuel. Bien entendu son racisme peut être rédhibitoire, mais ne le poussera à aucune complaisance envers le pouvoir ni l'armée, jusqu'à même témoigner d'une nette compassion envers des insurgés qui n'avaient d'autres ambitions que de défendre leur coin de terre en attendant la fin des temps.
Un ouvrage fondateur de l'histoire brésilienne une histoire finalement minable mais qui se transforma en épopée pour les besoin de l'ordre public et la grandeur de la république
La description des combats bien qu'extrêmement fournie et parfois presque fastidieuse à lire, reste d'une superbe dimension littéraire et doit être lue par tout étudiant en journalisme.
(1) Pour un résumé sur cette guerres de Canudos consultez le site : avatarpage.net/dico1.html#canudo et bien sûr lire en complément
La guerre de la fin du monde de Mario Vargas Llosa prix Nobel de littérature 2010.
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5.0 étoiles sur 5
Un livre hallucinant, 20 décembre 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hautes terres (Broché)
Dans une langue de feu, accrochée au terrain du Brésil, dévorante comme un soleil de plomb, Euclides Da Cunha démonte la mécanique de répression de la société brésilienne en construction contre ses paysans. Un voyage hallucinant dans l'absurdité, dans une géographie démente où tout se perd et tout s'engloutit. Un des chefs d'oeuvre de la littérature brésilienne.
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