Au moment où je rédige ces lignes (mai 2009), ce disque n'a, à ma connaissance, reçu aucun écho critique en France, alors qu'il est paru depuis déjà 2 mois.
Et pourtant, c'est un bijou, qui ne soulève qu'une seule minime réserve : pourquoi Michi Gaigg n'a-t-elle enregistré que le premier mouvement de la Symphonie n°81 qui ouvre le disque ? Son interprétation, vive et gorgée de couleurs, prouve qu'elle a des choses à dire dans ce répertoire où les références "historiquement informées" ne sont pas légion.
Les airs ici donnés ont été majoritairement destinés à être insérés, selon la pratique du XVIIIe siècle, dans des opéras d'autres compositeurs à l'occasion de leur reprise à Esterhaza, où Haydn était maître de chapelle, ce qui justifie qu'ils puissent être présentés sous forme de récital. Nuria Rial y est éblouissante. Son timbre épanoui et chaleureux, son sens de la caractérisation procurent un vrai bonheur d'écoute. Margot Oitzinger est, en comparaison, un tout petit peu en retrait, mais ne démérite pas un instant face à sa valeureuse comparse. L'orchestre n'appelle que des louanges.
Vous l'avez compris : s'il ne faut acquérir qu'un seul récital en ce début d'année Haydn, c'est vers celui-ci qu'il faut se tourner en priorité. Bien loin des compilations de petits bouts d'opéra quelquefois assez mal ficelées qui n'ont, en fait, pour seul propos que faire briller un soliste, le bonheur de servir la musique de Haydn qui émane de cette anthologie en fait un moment privilégié.