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5.0 étoiles sur 5
une révélation, 6 octobre 2004
Je ne connaissais cette oeuvre que par l'entremise du mythique enregistrement de Böhm paru dans les années 60 chez DG!
A la première écoute et dès les premières mesures de l'ouverture, c'est le choc! la musique est comme en apesanteur, articulée et allégée en révèlant magnifiquement les lignes mélodiques, le génie de l'écriture de Haydn est mis en lumière, dans des couleurs et atmoshères sans cesse changeantes, avec un relief étonnant. Les chanteurs sont exceptionnelles et sont pleinement dans le style flamboyant et majestueux signé Jacobs. La révélation que fut son "Cosi fan tutte" se réédite à nouveau dans cet enregistrement dissimulé dans un très joli coffret.
La fraicheur de sa vision relègue incontestablement Böhm au rang de second choix!
De plus, la prise de son est magnifique et exlique à elle seule le gain qu'apporte nettement le SACD et ce, même en stéréo!
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5.0 étoiles sur 5
Des surprises partout, 25 mai 2012
A la première écoute, on est séduit par les sonorités, qu'on n'entend pas ailleurs de cette façon, donc par le pittoresque si l'on veut; puis on remarque le rebondissement, la vie et même une sorte d'excitation; mais on peut trouver que les tempi sont un peu trop rapides : ils peuvent l'être par moments, mais après une certaine accoutumance, on constate que cette vélocité convient le plus souvent au style d'interprétation.
Pour approfondir les mérites et l'originalité de cet enregistrement de 2003 publié en septembre 2004, j'ai voulu comparer avec une autre version baroqueuse, celle de Sigiswald Kuijken
Haydn - The Seasons, qui en a été écrasée, et une version traditionnelle de haut niveau, celle de Karajan
HAYDN : Die Jahreszeiten (Les Saisons), qui en a reçu comme un nouvel éclairage, mais dont la noblesse et la pertinence continuent de vivre en moi malgré le choc des esthétiques divergentes. J'ai choisi quelques passages : le début du Printemps jusqu'à l'air du laboureur, la fin de l'Eté à partir de "O seht ! Es steiget", 3 petits extraits de l'Automne et la fin de l'Hiver à partir de "Vom dürren Osten", le tout en lisant le texte puisqu'il est présent avec sa traduction en français et en anglais. J'ai lu aussi l'intéressante notice trilingue qui nous apprend que Jacobs a utilisé la version originale, Haydn ayant notamment modifié l'instrumentation après la première exécution. La seconde version est celle utilisée en principe par les autres chefs. Mais la comparaison reste valable dans l'ensemble.
L'ouverture émerveille d'emblée, avec sa légèreté, mais aussi sa vigueur et sa couleur, les sonorités de certains instruments clairement individualisées, aussi grâce à une prise de son magnifique qui fait clairement entendre les différents plans de l'orchestre. Pour comparer, avec Karajan, l'ouverture est ardente, fougueuse, pleine d'allant et de noblesse, mais évidemment plus unitaire et plus empâtée par les effectifs et la puissance sonore des instruments modernes, moins axée sur les contrastes. Puis j'apprécie la qualité des solistes (grande différence avec la version Kuijken), surtout des solistes masculins, car la soprano semble avoir une voix un peu resserrée; mais cette impression peut être corrigée dans d'autres passages, donc pas de maillon faible. Le ch½ur est aussi plus léger que dans les versions traditionnelles. La suite montre que le chef est capable de grâce et ne se refuse pas le rubato (réponses instrumentales à deux phrases de Lukas, vers 4'40''). Mais même s'il se passe toujours quelque chose, même s'il y a des surprises et des choix partout, la cohérence, le sens de l'ensemble, de la forme globale, de la continuité, ne sont pas pas pris en défaut, autre différence avec Kuijken, au discours plus erratique.
D'autres détails convainquent un peu moins : l'éclatement de l'orage est trop soudain (accélération puis ralentissement du tempo) alors que sa préparation est idéale chez Karajan. Les effectifs moindres rendent l'orage moins impressionnant, ou autrement; mais surtout le retour du calme n'atteint pas la paix épanouie et le sentiment champêtre qu'on trouve chez Karajan. Dans l'automne, je remarque entre autres le caractère particulièrement joyeux et plein d'allant du Duetto "Ihr Schönen aus der Stadt", le coup de feu impressionnant dans la plage 7, une scène de chasse (mais Karajan le réussit aussi, alors que chez Kuijken, il passe presque inaperçu); et je ne donne que quelques exemples pour ne pas lasser le lecteur, car les qualités trouvées dès le début continuent à être sensibles jusqu'à la fin. La fin de l'Hiver (le rappel de la mort et de l'au-delà) ne manque pas de grandeur et certains passages peuvent être volontairement ralentis, alors que d'autres sont rapides. L'apogée de "In deines Reiches Herrlichkeit", bien préparé, a la lenteur et la puissance voulue, comme si la leçon de Karajan, qui lui donne une qualité d'émotion inouïe, avait été bien suivie; mais pourquoi les deux réponses instrumentales, avant les deux Amen, sont-elles accélérées, devenant presque guillerettes ? Cette impression dépend aussi du fait qu'on a entendu avant pas mal d'autres versions où ces passages sont plus lents, aussi il faut peut-être s'y habituer.
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5.0 étoiles sur 5
Sublime !!!, 15 février 2007
Cette version saisissante des Saisons de Haydn est tout simplement sublime. À vrai dire, je n'ai rien dans ma discothèque récente, pourtant fort bien garnie, qui me procure autant de sensations positives, de plaisirs extrêmes. Écoutez : dès l'entrée en ondes du Printemps, on ressent une onde de choc qui nous cloue à notre fauteuil. Titanesque ! En moins de quelques secondes le mélomane audiophile devient immédiatement captif, piqué au vif. En effet, il entends tout, capte dans le moindre détail chaque intonation de l'orchestre rendue par une définition hors du commun. Puis viennent les flûtes, toutes de douceur, charmeuses, qui confirmeront l'étroite symbiose qui se développera entre l'auditeur et le Freiburger Barockorchester . Et cela, juste avant la sublime arrivée du ténor, du baryton, de la soprano et des choeurs. Magistral ! René Jacobs signe ici, selon moi, sa meilleure gravure; tout est captivant, étonnant, surprenant. La monotonie est exclue de ce programme et tout semble avoir été fait pour garder le mélomane en haleine. Il faut bien dire que Jacobs est servie ici par la meilleure prise de son que j'ai entendue de ma courte existence -43 ans- et depuis l'avènement des SACD ( du moins ceux que j'ai entendus ) Le label, hélas si inégal, Harmonia Mundi surprends tellement que l'on se demande pourquoi réussir ici de manière aussi magistrale et échouer aussi lamentablement ailleurs - lire: le dernier enregistrement complètement raté de l'Akademie fur Alte mucik de Berlin- consacré à du Bach joué «l'envers». Bon. C'est qu'on ne peut nier l'étroite parenté entre le plaisir procuré par une prise de son plus que somptueuse et l'intérêt que l'on porte à l'oeuvre. Disons que tout a milité pour que René Jacobs passe à l'histoire. À la mienne en tout cas...
Des moments de purs bonheur.
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