Amazon.fr
Si vous envisagez de divorcer d'une star du rock, prenez
Hello, I Must Be Going comme un avant-goût de ce qui peut vous attendre une fois que les papiers sont signés et que les conditions sont arrangées. Collins a le dernier mot sur sa séparation de sa première femme Jill (il l'interpelle même par son nom sur l'album !), et réussit à le faire savoir dans des millions de foyers avec cet album : "I Don't Care Anymore", "I Cannot Believe It's True", "Do You Know, Do You Care ?" et "It Don't Matter To Me". Le ton change un peu avec une reprise vivante de "You Can't Hurry Love" et "Like China", un rock fringant célébrant le nouvel amour. Tout écoutable et entraînant que soit
Hello, I Must Be Going, il est considéré comme un des albums exprimant le plus de colère de l'histoire du rock grand public. De grandes chansons, lorsque vous êtes d'humeur à écouter ce genre de choses.
--Daniel Durchholz
Critique
Rétrospectivement, il peut paraître surréaliste que l’inclusion dans ce deuxième album solo de Phil Collins d’une version du standard de Diana Ross And The Supremes «
You Can’t Hurry Love » ait à ce point ulcéré les fans du canal historique de Genesis, qu’ils décident de maudire le chanteur et batteur jusqu’à la douzième génération.
Car que tente ici (et, avouons-le, réussit parfaitement) celui qui n’est encore qu’à l’orée d’un triomphe planétaire, sinon inclure quelques paramètres parfaitement conceptualisés par Berry Gordy, et l’entièreté du staff de Tamla-Motown (sophistication des arrangements, immédiateté des mélodies, et pont jeté entre rythmes noirs et romance blanche) à son propre style, sa très personnelle façon de chanter ? Tout au plus pourra t’on déplorer que les propres compositions du Britannique (neuf sur dix, tout de même) ne soient pas à la hauteur de cette visite nostalgique, finalement plus proches de la tentative sympathique (un peu de pop adulte, un peu de jazz confortable), que du coup d’éclat, et ce, malgré l’amicale contribution de Peter Gabriel.
En outre, l’un des dommages collatéraux de ces sessions sera d’imposer dans tous les studios, comme nouveau canon esthétique, une sonorité sèche (conséquente de l’usage à outrance des boîtes à rythmes), riche d’instruments synthétisés, qui finiront par faire regretter les harmonies analogiques.
Comme son prédécesseur produit par Hugh Padgham (qui contribua en son temps au succès de la carrière de Sting),
Hello, I Must Be Going ! (dont le titre est chipé à une mélodie du répertoire des Marx Brothers, mais tourne néanmoins autour du douloureux divorce de Collins) atteindra la deuxième position des charts bitanniques, mais ne fera que frôler le Top 100 américain. «
You Can’t Hurry Love », en revanche, trustera le sommet des hit-parades à peu près partout dans le monde.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story