Critique
Here I Am reflète une évolution mal maîtrisée de Groundation. Le groupe a toujours tiré son originalité de l'apport du jazz dans son reggae roots. Cette approche très musicale, donne lieu à travers les meilleurs albums de Groundation à des passages instrumentaux de toute beauté, et vraiment personnels.
Malheureusement, après le projet parallèle Rockamovya qui donne lieu à une fusion beaucoup plus jazz, Groundation se prend les pieds dans le tapis de son reggae roots, qui du coup n'est plus suffisament reggae. Dans
Here I Am la liberté de jouer a pris le pas sur la composition et c'est regrettable, le reggae comme le blues est une musique simple, séminale, ce qui implique qu'elle doit être parfaite.
Même la présence habituelle de "grands anciens" comme The Congos, Pablo Moses et le percussioniste Uziah "Sticky" Thompson, n'y peut rien, les titres se perdent en digressions, visiblement Groundation se fait plaisir au détriment de l'impact des titres.
Pire, Harrison Stafford n'assume pas l'ensemble des vocaux principaux, du coup
Here I Am prend des allures de patchwork. Un titre comme
« Time Come » symbolise aisément l'ensemble de ces choix très discutables.
Vouloir évoluer en permanence
est un choix noble et courageux, Groundation peut s'inspirer de The Black Seeds qui évolue très intelligement à l'intérieur de la sphère du reggae, alors que
Here I Am propulse le fan interloqué aux marges du genre.
A tout prendre le projet parallèle qu'est Rockamovya est bien plus captivant qu'un
Here I Am à vite oublier.
François Alvarez - Copyright 2013 Music Story
Description du produit
Le 7ème album du groupe californien s'apprête une nouvelle fois à bouleverser les règles de la scène reggae internationale !! Groundation est porteur d'un nouveau style musical : le Spiritual Roots Reggae, subtil mélange entre le plus authentique reggae roots et un jazz à la fois cool et halluciné, soulignés par des dubs envoûtants. De Bob Marley à Miles Davis, en passant par Burning Spear et John Coltrane, les influences de Groundation sont aussi variées que déterminantes pour l'évolution musicale du groupe. L'aventure Groundation débute en 1996 lors de la rencontre de 3 étudiants brillants, Harrison Stafford, Marcus Urani et Ryan Newman, à l'université de Sonoma (en Californie). 2003 marque le début de la carrière scénique de Groundation, avec quelques dates en Californie et à Hawaii. C'est une année extraordinaire pour le groupe puisque Hebron Gate sort, troisième opus du groupe Californien, qui voit la participation des légendaires The Congos & Don Carlos (Black Uhuru). L'album est acclamé par la critique et est nominé aux World Music Awards. Au fil de leurs albums, les Californiens ont réussi à s'imposer parmi les plus talentueux groupes de reggae internationaux jusqu'à bouleverser le mouvement. Un groupe extrêmement talentueux, qui a su s'associer avec les plus grands musiciens jamaïcains pour créer une discographie de très haute facture. Indispensable à voir en live, Groundation a la magie des plus grands, porté par le mysticisme et le charisme du leader Harrison Stafford notamment. Plus qu'un phénomène, une légende reggae est née !