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Un chef-d'oeuvre caché, 25 novembre 2004
En 1973, Marvin Gaye, marié à la soeur de Berry Gordy, patron de sa maison de disques, rencontre Janis Hunter, qui lui donne rapidement deux enfants. Sa femme finit par demander le divorce. En situation financière difficile, Marvin finit par se décider à enregistrer un disque dont elle touchera les avances plus les premiers revenus. C'est alors qu'il a un des plus grands traits de génie de sa carrière : au lieu de se faire écrire des chansons par des auteurs et compositeurs ou d'assembler des reprises, il s'investit dans le projet comme il l'a rarement fait et écrit des chansons en rapport avec la situation. Le résultat sera un double (!) 33 tours plus ou moins narratif reprenant par le détail son contentieux avec sa femme et son évolution personnelle des dernières années. Pour une fois, les difficultés lors de l'enregistrement ne viennent pas de lui mais des musiciens et du syndicat. L'album, mal reçu par la critique et boudé par les acheteurs, n'a pas été réédité et est devenu une rareté. Lors qu'il sort finalement en CD en 1993, l'amateur qui l'achète le CD s'attend à une curiosité, il découvre un des plus grands disques de Marvin Gaye, ce qui n'est pas peu dire ! Un climat prenant, en demi-teintes grisâtre, passant par l'amertume, la désorientation, la cicatrisation... Marvin maîtrise tout de bout en bout, du funk vengeur aux ballades blessées ou blessantes. A découvrir !
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pain and divorce, 6 janvier 2009
Il existe, dans l'univers extrêmement vaste de la musique des oeuvres exceptionnelles qui porterons à jamais en elles tout l'enthousiasme et l'énergie de leurs auteurs, tout le lyrisme et l'incandescence, mais à ce seuil de souffrance exprimée à ce point personnelle je n'en connais qu'une :
« Here, my dear » de Marvin Gaye
Devoir glaner ça et là les anecdotes qui aujourd'hui sont toutes aussi vérifiables les unes des autres pour faire une juste lumière sur cette oeuvre ne m'intéresse pas, je n'ai aucune prétention d'ordre journalistique, et je ne chercherai pas non plus à rétablir quelconque vérité.
Il s'agit de l'histoire d'un couple, et chacun de nous sait que l'on n'a aucun droit d'en interpréter les agitations
C'est ci justement que Marvin franchi pour la toute première fois dans l'histoire de la musique le seuil jamais outrepassé.
Ce disque défiera à jamais le temps, car y exprimer ouvertement sa vision personnelle quand à la raison de son divorce tend, non pas à s'en disculper totalement, mais plutôt d'en narrer les sombres étapes jusqu'à le confiner dans l'idée que chacun l'interprètera à ça façon.
Marvin sais que son oeuvre sera écoutée, chroniquée par certains journalistes à sa sortie, leur faisant se poser peut etre la question du camp à choisir. Celui de l'artiste distribué par la gigantesque Tamla Motown ?, au risque de verser dans une critique trop indulgente à son égard ?
Certaines plumes ont probablement préférées se taire, plutôt que de donner une opinion suggestive...
Ou peut être qu'il leur a été facile de conserver un regard détaché, en ne focalisant pas sur sa conception, mais en se justifiant plutôt par la grandeur des compositions .
L'album ouvre avec le titre qui donnera son nom à l'album ` Here my Dear ` qui est adressé à Anna Gordy, `je l'ai conçu pour toi, car tu me le demandais `, en 2.48mn , tout est dit, l'album lui est destiné...
Suivi immédiatement sans aucun blanc, par la deuxième perle d'un collier qui en comprendra quatorze : ` I met a little girl `qui trace en 4.58mn le trajet progressif qui va de leur rencontre au premiers soubresauts pour finir sur la question « did you really think about the kind of love we had ,' Magnifique chanson empreinte d'une réminiscence au tempo très lent.
« When did you stoped loving me, when did i stopped loving you ` qui sera reprise trois fois durant les quatres faces. Le titre est assez évocateur. Combien se reconnaîtront dans cette phrase, qui pourrait prétendre à l'amour éternel ?...
Une perle rouge, entre à vive allure en fin de face A : ` Anger ` 3.58 d'un funk en mid -tempo absolument fabuleux : `...Anger , destroy your soul...' Oui, la colère, celle qu'il faille contrôler avant l'irréverssible.
Rangeons le premier disque afin de trouver la face B sur le deuxième disque...
`Is that enough ` , pour moi l'un des plus beau titre de ce double album. Marvin semble hurler tel un loup pris d'une douleur dans un piège qui sur le disque dure 7.42 mn. E-di-fiant constat d'un homme qui se pose la question de savoir dans quels retranchement lui demande -t -on d'aller...
Suit « Everybody needs love », au accent preacher, oui, tout le monde a effectivement besoin d'amour, « ... and the mountains , and the vallees, they need love... »
La face B se termine sur « Time to get it together » , il faudra du temps pour se reconstruire , beaucoup de temps...
Retournons le disque pour lasser place à cette brillante face C.
6.06 de bonheur avec « Sparrow » ou Marvin cherche l'oiseau dont le chant faisait jadis son bonheur et qui un jour a disparu...
Et vient ensuite cette chanson qui lui a dédié... « Anna `s song » bouleversante.
Reprise de « When did you stopped loving me... » en version instrumentale cette foi ci
Revenons au premier disque pour en découvrir la dernière face, avec le morceau le plus funky « A funky space reincarnation » qui sera le plus dansant de tous , un funk sur orbite de 8.12 mn suivi du titre très évocateur « You can leave , but it's going to cost you » ou tout est dit...
Une des plus belle ballades ensuite , avec » I'm falling in love again » : Marvin a retrouver l'amour, et la paix avec lui-meme...
Cloture du disque avec la derniere reprise de « When did you stopped loving me.. » en 0.40 mn
Quatorze chansons qui semblent être le dernier moyen d'expression pour un homme qui n'aurait certainement jamais imaginer en arriver là pour se faire comprendre
Procurez vous la version qui vous plaira, la version « Deluxe » est depuis peu incontournable, mais inutile de vous préciser ici quelle est celle que je vous conseille, elle n'existe qu'en pressage américain à ma connaissance, et la peinture de Michael Bryan est si belle en original...
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