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Hervé Vilard

 

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Écouter1. Capri C'Est Fini (Album Version)Best Of Hervé Vilard 3:34EUR 1,29  Acheter le titre 
Écouter2. Reviens (Album Version)Best Of Hervé Vilard 3:52EUR 1,29  Acheter le titre 
Écouter3. Nous (Album Version)Best Of Hervé Vilard 3:35EUR 1,29  Acheter le titre 
Écouter4. Méditerranéenne (Album Version)Le Dernier Romantique 4:23EUR 1,29  Acheter le titre 
Écouter5. Capri C'Est FiniCapri C'Est Fini 3:39EUR 1,29  Acheter le titre 
Écouter6. Les Anges Du Matin (Album Version)Les Grandes Chansons 3:31EUR 1,29  Acheter le titre 
Écouter7. Rêveries (Album Version)Les Grandes Chansons 4:22EUR 1,29  Acheter le titre 
Écouter8. Reviens (Album Version)Les Grandes Chansons 3:53EUR 1,29  Acheter le titre 
Écouter9. Méditerranéenne (Album Version)Les Grandes Chansons 4:20EUR 1,29  Acheter le titre 
Écouter10. Nous (Album Version)Les Grandes Chansons 3:35EUR 1,29  Acheter le titre 
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Image de Hervé Vilard

Biographie

Il est des gens pour qui les fées qui se penchent sur le berceau remplacent les mots tendres par un « toi, tu vas en baver ! » aussi cynique que prophétique. René Villard, né le 24 janvier 1946 à l'arrière d'un taxi qui conduisait sa mère à la maternité, est de ceux-là. Un père qu'il ne connaîtra jamais (tout au plus saura-t-il qu'il est Corse), une mère idéalisée qui perd la garde de ses enfants alors que ces derniers sont encore marmots sont les premiers souvenirs parentaux qu'il connaît. Trimballé de foyer en orphelinat, de parents adoptifs en familles d'accueils, le jeune René Villard, ... Lire la suite

Il est des gens pour qui les fées qui se penchent sur le berceau remplacent les mots tendres par un « toi, tu vas en baver ! » aussi cynique que prophétique. René Villard, né le 24 janvier 1946 à l'arrière d'un taxi qui conduisait sa mère à la maternité, est de ceux-là. Un père qu'il ne connaîtra jamais (tout au plus saura-t-il qu'il est Corse), une mère idéalisée qui perd la garde de ses enfants alors que ces derniers sont encore marmots sont les premiers souvenirs parentaux qu'il connaît. Trimballé de foyer en orphelinat, de parents adoptifs en familles d'accueils, le jeune René Villard, dont la jeunesse est une suite de fugues et de placements, se retrouve vite confié à une famille berrichonne, lui le petit Parigot pur jus. C'est cependant au cœur du Berry que la rencontre avec un abbé érudit et ouvert d'esprit lui permet de s'initier à la littérature et à la musique, donnant une esquisse de sens à sa vie.

Toujours un peu paumé, René Villard, à peine majeur, décide, à l'image de nombreux jeunes gens prêts à tenter leur chance sur scène, de monter à la capitale. D'auditions en radios-crochets, René Villard, qui par coquetterie se fait désormais appeler « Hervé » et retire un L de son patronyme, découvre le cœur léger et le bagage mince, le parcours habituel de tout petit jeune qui souhaite conquérir Paris. Mais les premiers temps sont durs et c'est au cœur des foyers de l'assistance publique que le nouvellement baptisé Hervé Vilard doit souvent retourner pour éviter de tomber dans la mendicité. Une rencontre, cependant, va tout changer : le galeriste Daniel Cordier, ancien FFI et secrétaire de Jean Moulin, découvre le jeune homme et le prend sous son aile, allant jusqu'à l'adopter en 1962. Les relations exactes qui unissent les deux hommes font couler beaucoup d'encre ; reste cependant que grâce à Cordier, qui l'encourage et lui offre des cours de chant, Vilard sort la tête de l'eau et envisage à nouveau de faire carrière dans la chanson.

Capri, ça commence

En 1965, les efforts d'Hervé Vilard s'avèrent payants et le label Mercury choisit d'éditer l'une de ses compositions : « Capri, c'est fini ». Programmé en boucle sur toutes les radios, le titre est aussitôt un succès et le 45-tours s'écoule à plus de trois millions d'exemplaires. Devenu une star du jour au lendemain, Hervé Vilard se voit contacter par le magazine France Dimanche qui lui propose de mettre toute sa puissance médiatique au service de la recherche de sa mère en échange de l'exclusivité d'un éventuel reportage sur leurs retrouvailles. Pari réussi : Blanche, la mère d'Hervé, reprend contact avec son fils suite à une campagne de presse organisée par l'hebdomadaire qui connaît alors des pics de vente à l'occasion de cet « avis de recherche » couronné de succès.

Sur la lancée de « Capri, c'est fini », Hervé Vilard multiplie les disques dans les années qui suivent. Même s'ils ne rencontrent pas le succès du premier carton de l'artiste, « Mourir ou vivre » ou « Fais-la rire » caracolent en tête des hit-parades. Désormais artiste estampillé « gros vendeur », Hervé Vilard fait la première partie de la superstar hexagonale Claude François en 1966, avant d'entamer une tournée européenne et mondiale. Une rencontre capitale pour lui car, là où il s'attendait à découvrir un artiste chaleureux et généreux, il déclarera plus tard n'avoir vu en Claude François qu'un mégalomane odieux, ce qui le vaccine d'emblée contre le star-system dont Cloclo était, à l'époque, le représentant numéro 1 « made in France ». Deux ans durant, Hervé Vilard parcourt l'Amérique Latine, ne revenant en France qu'en 1969. Bien installé dans une carrière qui s'annonce prolifique et durable, l'artiste, qui n'a alors dépassé la vingtaine que de quelques années, côtoie tous les grands noms de la scène française de l'époque, de Dalida à Claude François, de Johnny Hallyday à Nicoletta, en passant par Didier Barbelivien, Christophe ou Serge Lama. Afin de confirmer son audience à l'étranger, Vilard commence également à enregistrer ses tubes dans différentes langues, surtout l'allemand, le portugais et l'espagnol en vue de sorties locales. Étrangement, l'anglais et la conquête du public anglophone ne seront jamais pour lui des priorités, d'autant qu'à l'époque, la ferveur avec laquelle le public sud-américain accueille ses disques le persuade de s'installer à Buenos Aires.

French latin lover

Laissant de côté sa carrière franco-française pendant quelques années, Hervé Vilard profite de sa villégiature sud-américaine pour surfer sur sa popularité auprès du public sud-américain. Mais en 1978, l'appel de l'Hexagone se fait le plus fort et l'artiste assure plusieurs dates à l'Olympia et en province consécutivement à la sortie de « Nous », qui, s'il n'atteint pas les records de vente de « Capri, c'est fini », s'envole cependant aux sommets des charts. Le chanteur est de retour auprès de son public, en dépit d'une visibilité médiatique moindre qu'auparavant. Rêveries, Nous, Je L'aime Tant sont autant d'albums qui concluent la décennie 1970 alors que la suivante débute sous les auspices de compilations, de reprises de ses succès passés, et, bien entendu, d'enregistrements en concert. Ce n'est qu'en 1983 que son public le redécouvre avec un album original, Ensemble. En 1986, P'tit Brun fait renouer le chanteur avec ses origines méditerranéennes et cet album, servi par des titres comme « Le Vin de Corse », « Venise pour l'éternité » et « ll plane tout le temps », sent bon le maquis, la lavande et l'air du sud, même s'il n'échappe pas à certains clichés typiquement méridionaux.

Les années 1990, cependant, sont moins roses pour Hervé Vilard qui, l'âge aidant, connaît quelques difficultés à se recycler et à varier son répertoire. Bien qu'il fasse appel à des compositeurs comme Didier Barbelivien pour renouveler sa discographie, une image de gentil dinosaure un peu désuet commence à lui coller à la peau, d'autant que son actualité se fait de plus en plus vaporeuse. De festivals nostalgiques des années 1960 en soirées thématiques consacrées aux chanteurs un peu oubliés, Hervé Vilard ne donne plus guère l'impression que de capitaliser sur ces succès passés. En 1996, toutefois, sa participation au concert-hommage à l'ancien Olympia lui vaut une reconnaissance d'un public qui ne l'a pas oublié. Cette expérience lui ayant remis le pied à l'étrier, Hervé Vilard se remet à composer et sonne le rappel de ses amis auteurs en vue de la production d'un nouvel album original. Simplement, en 1998, est le fruit de cette renaissance artistique qui culmine avec une série de tournées et de galas partout en France et en Europe.

Hervé vivant

En dépit de ses chansons sucrées, parfois à la limite de la mièvrerie, Hervé Vilard a conservé toute sa vie des séquelles de sa rencontre avec l'abbé Angrand, notamment un amour pour la littérature qui ne s'est jamais démenti. Bien que discret à ce sujet, Hervé Vilard est resté, tout au long de sa carrière, l'ami d'écrivains comme Marguerite Duras ou Delphine Seyrig et grand admirateur de Bertold Brecht ou de Pablo Neruda. Une passion qu'il met enfin en musique en 2004, avec l'album Cri du Cœur, interprétant les textes de littérateurs tels que Jean Genet, Louis Aragon ou Bernard Dimey. Cet OVNI dans la carrière d'un chanteur associé jusqu'alors associé aux chansons d'amour un peu faciles laisse perplexe son public habituel, mais lui ouvre des portes dans les magazines culturels et les émissions de télévision traitant de littérature. L'homme s'y montre étonnamment cultivé et réel connaisseur de l'œuvre des écrivains dont il chante les textes. La surprise est grande côté fans, d'autant qu'il se consacre également à l'écriture en parallèle : L'âme seule (2006) et Le Bal des papillons (2007), relatent sa vie, son enfance, ses premiers succès et sa rencontre avec sa mère sous l'objectif des photographes. À cette occasion, la présence d'Hervé Vilard à plusieurs salons du livre fait grincer quelques dents car plusieurs écrivains de profession reprochent au chanteur (et à d'autres, d'ailleurs (la même année, Yves Duteil, Yvette Horner et Raymond Poulidor étaient aussi les invités vedette du même salon littéraire que lui). Modestement, Hervé Vilard, qui insiste sur le fait qu'il écrit lui-même ses livres, ne se présente que comme « apprenti écrivain », ce qui ne convainc guère la communauté littéraire mais n'empêche pas le chanteur d'être désormais considéré comme un auteur à part entière dans la communauté artistique.

Lui qui aurait pu ne pas survivre artistiquement à la fin des années 1970, dont Alain Chabat et Valérie Lemercier ricanèrent un peu cruellement lors d'un sketch, le qualifiant de « chanteur mort », a su passer le cap des années avec dignité et une volonté inébranlable. Homme modeste, Hervé Vilard a su ne pas trop tirer sur la corde de la notoriété tous azimuts, choisissant de ne pas capitaliser seulement sur ses succès passés. Au contraire, fidèle au sillon tracé avec patience, l'ex-enfant de l'Assistance Publique, devenu Berrichon de cœur et d'adoption, est resté le petit gars un peu timide qu'il était à ses débuts. Capri, ce n'est jamais vraiment fini...

Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Il est des gens pour qui les fées qui se penchent sur le berceau remplacent les mots tendres par un « toi, tu vas en baver ! » aussi cynique que prophétique. René Villard, né le 24 janvier 1946 à l'arrière d'un taxi qui conduisait sa mère à la maternité, est de ceux-là. Un père qu'il ne connaîtra jamais (tout au plus saura-t-il qu'il est Corse), une mère idéalisée qui perd la garde de ses enfants alors que ces derniers sont encore marmots sont les premiers souvenirs parentaux qu'il connaît. Trimballé de foyer en orphelinat, de parents adoptifs en familles d'accueils, le jeune René Villard, dont la jeunesse est une suite de fugues et de placements, se retrouve vite confié à une famille berrichonne, lui le petit Parigot pur jus. C'est cependant au cœur du Berry que la rencontre avec un abbé érudit et ouvert d'esprit lui permet de s'initier à la littérature et à la musique, donnant une esquisse de sens à sa vie.

Toujours un peu paumé, René Villard, à peine majeur, décide, à l'image de nombreux jeunes gens prêts à tenter leur chance sur scène, de monter à la capitale. D'auditions en radios-crochets, René Villard, qui par coquetterie se fait désormais appeler « Hervé » et retire un L de son patronyme, découvre le cœur léger et le bagage mince, le parcours habituel de tout petit jeune qui souhaite conquérir Paris. Mais les premiers temps sont durs et c'est au cœur des foyers de l'assistance publique que le nouvellement baptisé Hervé Vilard doit souvent retourner pour éviter de tomber dans la mendicité. Une rencontre, cependant, va tout changer : le galeriste Daniel Cordier, ancien FFI et secrétaire de Jean Moulin, découvre le jeune homme et le prend sous son aile, allant jusqu'à l'adopter en 1962. Les relations exactes qui unissent les deux hommes font couler beaucoup d'encre ; reste cependant que grâce à Cordier, qui l'encourage et lui offre des cours de chant, Vilard sort la tête de l'eau et envisage à nouveau de faire carrière dans la chanson.

Capri, ça commence

En 1965, les efforts d'Hervé Vilard s'avèrent payants et le label Mercury choisit d'éditer l'une de ses compositions : « Capri, c'est fini ». Programmé en boucle sur toutes les radios, le titre est aussitôt un succès et le 45-tours s'écoule à plus de trois millions d'exemplaires. Devenu une star du jour au lendemain, Hervé Vilard se voit contacter par le magazine France Dimanche qui lui propose de mettre toute sa puissance médiatique au service de la recherche de sa mère en échange de l'exclusivité d'un éventuel reportage sur leurs retrouvailles. Pari réussi : Blanche, la mère d'Hervé, reprend contact avec son fils suite à une campagne de presse organisée par l'hebdomadaire qui connaît alors des pics de vente à l'occasion de cet « avis de recherche » couronné de succès.

Sur la lancée de « Capri, c'est fini », Hervé Vilard multiplie les disques dans les années qui suivent. Même s'ils ne rencontrent pas le succès du premier carton de l'artiste, « Mourir ou vivre » ou « Fais-la rire » caracolent en tête des hit-parades. Désormais artiste estampillé « gros vendeur », Hervé Vilard fait la première partie de la superstar hexagonale Claude François en 1966, avant d'entamer une tournée européenne et mondiale. Une rencontre capitale pour lui car, là où il s'attendait à découvrir un artiste chaleureux et généreux, il déclarera plus tard n'avoir vu en Claude François qu'un mégalomane odieux, ce qui le vaccine d'emblée contre le star-system dont Cloclo était, à l'époque, le représentant numéro 1 « made in France ». Deux ans durant, Hervé Vilard parcourt l'Amérique Latine, ne revenant en France qu'en 1969. Bien installé dans une carrière qui s'annonce prolifique et durable, l'artiste, qui n'a alors dépassé la vingtaine que de quelques années, côtoie tous les grands noms de la scène française de l'époque, de Dalida à Claude François, de Johnny Hallyday à Nicoletta, en passant par Didier Barbelivien, Christophe ou Serge Lama. Afin de confirmer son audience à l'étranger, Vilard commence également à enregistrer ses tubes dans différentes langues, surtout l'allemand, le portugais et l'espagnol en vue de sorties locales. Étrangement, l'anglais et la conquête du public anglophone ne seront jamais pour lui des priorités, d'autant qu'à l'époque, la ferveur avec laquelle le public sud-américain accueille ses disques le persuade de s'installer à Buenos Aires.

French latin lover

Laissant de côté sa carrière franco-française pendant quelques années, Hervé Vilard profite de sa villégiature sud-américaine pour surfer sur sa popularité auprès du public sud-américain. Mais en 1978, l'appel de l'Hexagone se fait le plus fort et l'artiste assure plusieurs dates à l'Olympia et en province consécutivement à la sortie de « Nous », qui, s'il n'atteint pas les records de vente de « Capri, c'est fini », s'envole cependant aux sommets des charts. Le chanteur est de retour auprès de son public, en dépit d'une visibilité médiatique moindre qu'auparavant. Rêveries, Nous, Je L'aime Tant sont autant d'albums qui concluent la décennie 1970 alors que la suivante débute sous les auspices de compilations, de reprises de ses succès passés, et, bien entendu, d'enregistrements en concert. Ce n'est qu'en 1983 que son public le redécouvre avec un album original, Ensemble. En 1986, P'tit Brun fait renouer le chanteur avec ses origines méditerranéennes et cet album, servi par des titres comme « Le Vin de Corse », « Venise pour l'éternité » et « ll plane tout le temps », sent bon le maquis, la lavande et l'air du sud, même s'il n'échappe pas à certains clichés typiquement méridionaux.

Les années 1990, cependant, sont moins roses pour Hervé Vilard qui, l'âge aidant, connaît quelques difficultés à se recycler et à varier son répertoire. Bien qu'il fasse appel à des compositeurs comme Didier Barbelivien pour renouveler sa discographie, une image de gentil dinosaure un peu désuet commence à lui coller à la peau, d'autant que son actualité se fait de plus en plus vaporeuse. De festivals nostalgiques des années 1960 en soirées thématiques consacrées aux chanteurs un peu oubliés, Hervé Vilard ne donne plus guère l'impression que de capitaliser sur ces succès passés. En 1996, toutefois, sa participation au concert-hommage à l'ancien Olympia lui vaut une reconnaissance d'un public qui ne l'a pas oublié. Cette expérience lui ayant remis le pied à l'étrier, Hervé Vilard se remet à composer et sonne le rappel de ses amis auteurs en vue de la production d'un nouvel album original. Simplement, en 1998, est le fruit de cette renaissance artistique qui culmine avec une série de tournées et de galas partout en France et en Europe.

Hervé vivant

En dépit de ses chansons sucrées, parfois à la limite de la mièvrerie, Hervé Vilard a conservé toute sa vie des séquelles de sa rencontre avec l'abbé Angrand, notamment un amour pour la littérature qui ne s'est jamais démenti. Bien que discret à ce sujet, Hervé Vilard est resté, tout au long de sa carrière, l'ami d'écrivains comme Marguerite Duras ou Delphine Seyrig et grand admirateur de Bertold Brecht ou de Pablo Neruda. Une passion qu'il met enfin en musique en 2004, avec l'album Cri du Cœur, interprétant les textes de littérateurs tels que Jean Genet, Louis Aragon ou Bernard Dimey. Cet OVNI dans la carrière d'un chanteur associé jusqu'alors associé aux chansons d'amour un peu faciles laisse perplexe son public habituel, mais lui ouvre des portes dans les magazines culturels et les émissions de télévision traitant de littérature. L'homme s'y montre étonnamment cultivé et réel connaisseur de l'œuvre des écrivains dont il chante les textes. La surprise est grande côté fans, d'autant qu'il se consacre également à l'écriture en parallèle : L'âme seule (2006) et Le Bal des papillons (2007), relatent sa vie, son enfance, ses premiers succès et sa rencontre avec sa mère sous l'objectif des photographes. À cette occasion, la présence d'Hervé Vilard à plusieurs salons du livre fait grincer quelques dents car plusieurs écrivains de profession reprochent au chanteur (et à d'autres, d'ailleurs (la même année, Yves Duteil, Yvette Horner et Raymond Poulidor étaient aussi les invités vedette du même salon littéraire que lui). Modestement, Hervé Vilard, qui insiste sur le fait qu'il écrit lui-même ses livres, ne se présente que comme « apprenti écrivain », ce qui ne convainc guère la communauté littéraire mais n'empêche pas le chanteur d'être désormais considéré comme un auteur à part entière dans la communauté artistique.

Lui qui aurait pu ne pas survivre artistiquement à la fin des années 1970, dont Alain Chabat et Valérie Lemercier ricanèrent un peu cruellement lors d'un sketch, le qualifiant de « chanteur mort », a su passer le cap des années avec dignité et une volonté inébranlable. Homme modeste, Hervé Vilard a su ne pas trop tirer sur la corde de la notoriété tous azimuts, choisissant de ne pas capitaliser seulement sur ses succès passés. Au contraire, fidèle au sillon tracé avec patience, l'ex-enfant de l'Assistance Publique, devenu Berrichon de cœur et d'adoption, est resté le petit gars un peu timide qu'il était à ses débuts. Capri, ce n'est jamais vraiment fini...

Copyright 2014 Music Story Benjamin D'Alguerre

Il est des gens pour qui les fées qui se penchent sur le berceau remplacent les mots tendres par un « toi, tu vas en baver ! » aussi cynique que prophétique. René Villard, né le 24 janvier 1946 à l'arrière d'un taxi qui conduisait sa mère à la maternité, est de ceux-là. Un père qu'il ne connaîtra jamais (tout au plus saura-t-il qu'il est Corse), une mère idéalisée qui perd la garde de ses enfants alors que ces derniers sont encore marmots sont les premiers souvenirs parentaux qu'il connaît. Trimballé de foyer en orphelinat, de parents adoptifs en familles d'accueils, le jeune René Villard, dont la jeunesse est une suite de fugues et de placements, se retrouve vite confié à une famille berrichonne, lui le petit Parigot pur jus. C'est cependant au cœur du Berry que la rencontre avec un abbé érudit et ouvert d'esprit lui permet de s'initier à la littérature et à la musique, donnant une esquisse de sens à sa vie.

Toujours un peu paumé, René Villard, à peine majeur, décide, à l'image de nombreux jeunes gens prêts à tenter leur chance sur scène, de monter à la capitale. D'auditions en radios-crochets, René Villard, qui par coquetterie se fait désormais appeler « Hervé » et retire un L de son patronyme, découvre le cœur léger et le bagage mince, le parcours habituel de tout petit jeune qui souhaite conquérir Paris. Mais les premiers temps sont durs et c'est au cœur des foyers de l'assistance publique que le nouvellement baptisé Hervé Vilard doit souvent retourner pour éviter de tomber dans la mendicité. Une rencontre, cependant, va tout changer : le galeriste Daniel Cordier, ancien FFI et secrétaire de Jean Moulin, découvre le jeune homme et le prend sous son aile, allant jusqu'à l'adopter en 1962. Les relations exactes qui unissent les deux hommes font couler beaucoup d'encre ; reste cependant que grâce à Cordier, qui l'encourage et lui offre des cours de chant, Vilard sort la tête de l'eau et envisage à nouveau de faire carrière dans la chanson.

Capri, ça commence

En 1965, les efforts d'Hervé Vilard s'avèrent payants et le label Mercury choisit d'éditer l'une de ses compositions : « Capri, c'est fini ». Programmé en boucle sur toutes les radios, le titre est aussitôt un succès et le 45-tours s'écoule à plus de trois millions d'exemplaires. Devenu une star du jour au lendemain, Hervé Vilard se voit contacter par le magazine France Dimanche qui lui propose de mettre toute sa puissance médiatique au service de la recherche de sa mère en échange de l'exclusivité d'un éventuel reportage sur leurs retrouvailles. Pari réussi : Blanche, la mère d'Hervé, reprend contact avec son fils suite à une campagne de presse organisée par l'hebdomadaire qui connaît alors des pics de vente à l'occasion de cet « avis de recherche » couronné de succès.

Sur la lancée de « Capri, c'est fini », Hervé Vilard multiplie les disques dans les années qui suivent. Même s'ils ne rencontrent pas le succès du premier carton de l'artiste, « Mourir ou vivre » ou « Fais-la rire » caracolent en tête des hit-parades. Désormais artiste estampillé « gros vendeur », Hervé Vilard fait la première partie de la superstar hexagonale Claude François en 1966, avant d'entamer une tournée européenne et mondiale. Une rencontre capitale pour lui car, là où il s'attendait à découvrir un artiste chaleureux et généreux, il déclarera plus tard n'avoir vu en Claude François qu'un mégalomane odieux, ce qui le vaccine d'emblée contre le star-system dont Cloclo était, à l'époque, le représentant numéro 1 « made in France ». Deux ans durant, Hervé Vilard parcourt l'Amérique Latine, ne revenant en France qu'en 1969. Bien installé dans une carrière qui s'annonce prolifique et durable, l'artiste, qui n'a alors dépassé la vingtaine que de quelques années, côtoie tous les grands noms de la scène française de l'époque, de Dalida à Claude François, de Johnny Hallyday à Nicoletta, en passant par Didier Barbelivien, Christophe ou Serge Lama. Afin de confirmer son audience à l'étranger, Vilard commence également à enregistrer ses tubes dans différentes langues, surtout l'allemand, le portugais et l'espagnol en vue de sorties locales. Étrangement, l'anglais et la conquête du public anglophone ne seront jamais pour lui des priorités, d'autant qu'à l'époque, la ferveur avec laquelle le public sud-américain accueille ses disques le persuade de s'installer à Buenos Aires.

French latin lover

Laissant de côté sa carrière franco-française pendant quelques années, Hervé Vilard profite de sa villégiature sud-américaine pour surfer sur sa popularité auprès du public sud-américain. Mais en 1978, l'appel de l'Hexagone se fait le plus fort et l'artiste assure plusieurs dates à l'Olympia et en province consécutivement à la sortie de « Nous », qui, s'il n'atteint pas les records de vente de « Capri, c'est fini », s'envole cependant aux sommets des charts. Le chanteur est de retour auprès de son public, en dépit d'une visibilité médiatique moindre qu'auparavant. Rêveries, Nous, Je L'aime Tant sont autant d'albums qui concluent la décennie 1970 alors que la suivante débute sous les auspices de compilations, de reprises de ses succès passés, et, bien entendu, d'enregistrements en concert. Ce n'est qu'en 1983 que son public le redécouvre avec un album original, Ensemble. En 1986, P'tit Brun fait renouer le chanteur avec ses origines méditerranéennes et cet album, servi par des titres comme « Le Vin de Corse », « Venise pour l'éternité » et « ll plane tout le temps », sent bon le maquis, la lavande et l'air du sud, même s'il n'échappe pas à certains clichés typiquement méridionaux.

Les années 1990, cependant, sont moins roses pour Hervé Vilard qui, l'âge aidant, connaît quelques difficultés à se recycler et à varier son répertoire. Bien qu'il fasse appel à des compositeurs comme Didier Barbelivien pour renouveler sa discographie, une image de gentil dinosaure un peu désuet commence à lui coller à la peau, d'autant que son actualité se fait de plus en plus vaporeuse. De festivals nostalgiques des années 1960 en soirées thématiques consacrées aux chanteurs un peu oubliés, Hervé Vilard ne donne plus guère l'impression que de capitaliser sur ces succès passés. En 1996, toutefois, sa participation au concert-hommage à l'ancien Olympia lui vaut une reconnaissance d'un public qui ne l'a pas oublié. Cette expérience lui ayant remis le pied à l'étrier, Hervé Vilard se remet à composer et sonne le rappel de ses amis auteurs en vue de la production d'un nouvel album original. Simplement, en 1998, est le fruit de cette renaissance artistique qui culmine avec une série de tournées et de galas partout en France et en Europe.

Hervé vivant

En dépit de ses chansons sucrées, parfois à la limite de la mièvrerie, Hervé Vilard a conservé toute sa vie des séquelles de sa rencontre avec l'abbé Angrand, notamment un amour pour la littérature qui ne s'est jamais démenti. Bien que discret à ce sujet, Hervé Vilard est resté, tout au long de sa carrière, l'ami d'écrivains comme Marguerite Duras ou Delphine Seyrig et grand admirateur de Bertold Brecht ou de Pablo Neruda. Une passion qu'il met enfin en musique en 2004, avec l'album Cri du Cœur, interprétant les textes de littérateurs tels que Jean Genet, Louis Aragon ou Bernard Dimey. Cet OVNI dans la carrière d'un chanteur associé jusqu'alors associé aux chansons d'amour un peu faciles laisse perplexe son public habituel, mais lui ouvre des portes dans les magazines culturels et les émissions de télévision traitant de littérature. L'homme s'y montre étonnamment cultivé et réel connaisseur de l'œuvre des écrivains dont il chante les textes. La surprise est grande côté fans, d'autant qu'il se consacre également à l'écriture en parallèle : L'âme seule (2006) et Le Bal des papillons (2007), relatent sa vie, son enfance, ses premiers succès et sa rencontre avec sa mère sous l'objectif des photographes. À cette occasion, la présence d'Hervé Vilard à plusieurs salons du livre fait grincer quelques dents car plusieurs écrivains de profession reprochent au chanteur (et à d'autres, d'ailleurs (la même année, Yves Duteil, Yvette Horner et Raymond Poulidor étaient aussi les invités vedette du même salon littéraire que lui). Modestement, Hervé Vilard, qui insiste sur le fait qu'il écrit lui-même ses livres, ne se présente que comme « apprenti écrivain », ce qui ne convainc guère la communauté littéraire mais n'empêche pas le chanteur d'être désormais considéré comme un auteur à part entière dans la communauté artistique.

Lui qui aurait pu ne pas survivre artistiquement à la fin des années 1970, dont Alain Chabat et Valérie Lemercier ricanèrent un peu cruellement lors d'un sketch, le qualifiant de « chanteur mort », a su passer le cap des années avec dignité et une volonté inébranlable. Homme modeste, Hervé Vilard a su ne pas trop tirer sur la corde de la notoriété tous azimuts, choisissant de ne pas capitaliser seulement sur ses succès passés. Au contraire, fidèle au sillon tracé avec patience, l'ex-enfant de l'Assistance Publique, devenu Berrichon de cœur et d'adoption, est resté le petit gars un peu timide qu'il était à ses débuts. Capri, ce n'est jamais vraiment fini...

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