Présentation de l'éditeur
Dans ce livre, l'auteur nous donne une image aussi complète que possible de la situation des réfugiés somaliens dans le monde. Au début des années 1990, quand la désagrégation de l'Etat somalien se poursuit, l'auteur part à la rencontre des réfugiés, au Kenya, en Italie, en Suisse, en Suède et en Grande-Bretagne. Femmes violées, orphelins, patriarches déboussolés... Nuruddin Farah rencontre même un "muryaa", un de ces jeunes pillards qui ont mis Mogadiscio à feu et à sang au début de la guerre civile. Il ne s'agit pas d'une simple série de portraits, mais d'un livre vivant, d'une réflexion âpre -parfois amère- sur le statut des réfugiés dans les pays occidentaux. Une fois encore, dans les portraits qu'il livre des Somaliennes exilées en Italie et en Suède, Farah cherche à montrer que ce sont les femmes qui peuvent faire avancer les choses : elles seules semblent ne pas être résignées, à la différence de leurs frères ou de leurs pères... Voilà également le plus autobiographique des ouvrages de Farah.
Quatrième de couverture
« Aujourd'hui, après douze conférences internationales en quatre ans sans résultat "partout, en Somalie, la guerre civile se prépare a reprendre" Dans ce contexte, le livre de Nuruddin Farah Hier, demain constitue véritablement une révolution du regard. Pour la première fois les conditions sont réunies pour que les victimes parlent. On n'imagine pas les difficultés pour parvenir a un tel résultat. Il a d'abord fallu découvrir ces réfugiés, éparpillés qu'ils sont sur les routes de l'exil. Nuruddin Farah est allé à leur rencontre de Rome à Mogadiscio, du Kenya à l'Angleterre, de l'Afrique du Sud à la Scandinavie. Il l'a fait sans a priori, cherchant à rassembler dans sa diversité tout ce qui a pu constituer cette société brisée. Il a interrogé des hommes et des femmes, des membres de sa famille et de parfaits inconnus auxquels il est allé se mêler parmi les groupes marginaux les plus louches ; il a écouté les victimes des plus atroces exactions et ceux qui en ont commis de semblables sans éprouver le moindre repentir ; il à scruté l'opinion des gens les plus humbles comme de ceux qui ont été partie prenante dans les décisions politiques, de ceux qui ont subi et de ceux qui ont agi, quoique dans la tourmente d'un pays qui s'effondre cette distinction devienne vite inopérante. Nuruddin Farah a mené ces enquêtes avec toute sa connaissance de la langue, de l'histoire, du pays. Et surtout, il les restitue avec son immense talent d'écrivain. » Jean-Christophe Rufin