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Comme s'ils avaient retrouvé la pierre philosophale enterrée par les Beatles après l'enregistrement d'
Abbey Road, les Vines entonnent "1969" en conclusion de leur premier album, aussi ébouriffant que plein de fraîcheur. Un vent de jeunesse éternelle souffle sur ces 12 compositions, et ce vent vient de loin et semble avoir enjambé les époques et les continents. Les Vines viennent de Sydney, comme les Hoodoo Gurus dont ils évoquent le pouvoir mélodique boosté par des rythmiques travaux publics ("In The Jungle"). C'est vrai que les Australiens en général ne nous ont jamais privés de cette combinaison mortelle, depuis Radio Birdman d'ailleurs. Les Vines, donc, hésitent, pour notre plus grande délectation, entre le miel ("Autum Shade", "Homesick") et l'acide nitrique ("Sunshinin's", "Get Free"). Et comme Craig Nicholls, le leader – celui qui a retrouvé la pierre… –, semble un surdoué de la mélodie, qu'il habille de guitares saturées ou d'arpèges de cristal, tous ses coups font mouche. La chanson "Factory" est une tuerie, et "Mary Jane" renvoie au Floyd des débuts. Que du bon pour un premier album obsédant.
--José Ruiz
Critique
Mal choisi, le premier single
« Factory », un ska un peu trop énervé pour être vraiment parodique, avait donné une fausse idée des capacités du groupe. Mais celles-ci éclatent avec les très forts
« Get Free » (le simple suivant qui, quant à lui, fait mouche),
« Outtathaway », «
Homesick » (où le piano et la guitares acoustiques dominent le jeu) ou
« 1969 », le dansant et rigolo
« In The Jungle » rappelant les B-52’s de «
Lava ».
De toute évidence, Craig Nicholls – qui est aussi peintre, la pochette étant de sa composition – avait surtout écouté Nirvana et les Beatles bien avant d’entrer dans un studio, maniant avec astuce – et souvent dans une même chanson – le sens mélodique et les harmonies pastorales des Fab Four et les guitares saturées et rythmiques tonitruantes du grunge. Ce que démontrent le nonchalant
« Autumn Shade », le schizophrène
« Sunshinin’ » ou l’impeccable
« Mary Jane ». Bien que Nicholls soit le seul songwriter à bord, le bassiste Patrick Matthews a sur cet album un rôle important, jouant aussi du piano et de l’orgue, et il n’est pas sûr que le groupe ait beaucoup gagné à ce qu’il le quitte... Rien qu’en tant que disque quasi-fondateur du garage du deuxième millénaire,
Highly Evolved représente un incontournable, mais il est aussi un sacré beau disque de rock’n’roll, tout simplement.
Frédéric Régent - Copyright 2012 Music Story