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En pleine ascension, les Australo-Écossais s'affranchissent en 1979 de leur premiers mentors, Harry Vanda et George Young (le grand frère d'Angus de et Malcolm, les deux guitaristes de la bande), pour se faire produire par Mutt Lange. Leur hard-boogie y gagne encore en chaleur, et la chanson-titre au refrain irrésistible, placée en ouverture, a tôt fait de devenir un hymne et un hit. La suite sait se montrer à la hauteur, avec des compositions en forme de brûlots qui font mouche à tous les coups, comme "Shot Down In Flames", "Touch Too Much" et "Beating Around The Bush". Pour que le plaisir soit total, les kangourous-rockers n'oublient pas de ralentir le tempo pour finir sur "Night Prowler", un de ces bons vieux blues charnus dont ils ont le secret. C'est, hélas, la dernière occasion de profiter du gosier rocailleux et des joyeuses grivoiseries de Bon Scott, qui disparaîtra tragiquement quelques mois après la sortie de ce qui reste l'un des deux ou trois meilleurs albums d'AC/DC. --
Thierry Chatain
Critique
L’intro de guitare suivie d’une entrée de batterie les plus célèbres de l’histoire du hard rock.
« Highway To Hell » inonde les ondes en août 1979 et l’album qu’il débute devient rapidement une vente conséquente dans le monde entier, démontrant que le genre est de plus en plus populaire malgré les différents genres musicaux qui éclatent un peu partout. Le son diffère des précédentes productions, plus rond et légèrement compressé, admirablement mixé ; le producteur « moderne » Robert John « Mutt » Lange a imposé sa patte et créé à partir d’un matériel encore fruste une parfaite combinaison pour la radio (le seul vecteur promotionnel qui manquait encore à AC/DC), sans altérer en aucune façon ni la frénésie ni l’enthousiasme pour les chansons d’un groupe arrivé à maturité. C’est un peu comme si ses auteurs Scott et les frères Young avaient réservé pour cet album leurs meilleures compositions.
Bon Scott n’a jamais aussi bien chanté, soutenu par des chœurs mieux en place, et la rythmique bourdonne derrière les éclairs des deux guitaristes en pleine forme. Un véritable feu d’artifice continuel et tellement joyeux que ce
Highway To Hell où il n’y a rien à jeter. Pratiquement tous ses morceaux vont faire partie du répertoire de scène du groupe pour un bon moment. Comment résister amateur de rock aux dévastateurs
« Touch Too Much »,
« Get It Hot » (qui revisite Chuck Berry comme l’avait fait
« High Voltage »),
« If You Want Blood (You’ve Got It », et bien évidemment à ce
« Shot Down In Flames » absolument sidérant.
« Night Prowler » qui termine l’album en tempo moyen, et dernier témoignage artistique de Bon Scott avant sa disparition, a été la source d’inspiration pour le surnom du tueur en série Rodriguez, « The Night Stalker », contribuant –avec la photo de pochette- à la réputation « satanique » du groupe. Toujours à l’avant-garde, les radios françaises ont fait du titre phare un hit en France… dix mois après sa sortie, n°22 en mai 1980. L’album s’est vendu à sept millions d’exemplaires aux Etats-Unis (et non pas dix huit comme on peut le lire dans une célèbre encyclopédie du Web), six cent mille en France, et demeure le plus célèbre du groupe de l’époque bénie de Bon Scott.
Jean-Noël Ogouz - Copyright 2012 Music Story