Commentaires client les plus utiles
|
|
17 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Un grand roman, dense et fiévreux , 1 octobre 2007
Je dit tout de suite que le commentaire précédent est parfait, c'est vraiment très bien résumé. Pour moi, Histoire de Lisey fait penser à Sac d'Os lors de certains passages et aussi - et d'avantages d'ailleurs - à Rose Madder. Il y'a aussi un air de Shining et de Vue Imprenable sur Jardin Secret qui flotte sur ces pages. Cela dit, Histoire de Lisey est suffisamment puissant pour être une oeuvre à part entière, une des pièces maîtresse de l'aeuvre de King.
Déjà, ce livre est beaucoup plus passionnant que Roadmaster qui ne révélait pas grand chose du mystère de la buick, ce qui était très frustrant ; il est beaucoup plus abouti que pouvait l'être Cellulaire. Histoire de Lisey est donc un roman largement plus ambitieux que les dernières aeuvres de King et parfaitement abouti. De plus, si des romans comme Dreamcatcher et Roadmaster reflétaient l'état d'esprit très pessimiste de King (et post-accident), Histoire de Lisey reflète plutôt l'état serein (c'est du moins ce que je ressens) de l'auteur, qui semble ici comme enfin apaisé, malgré les côtés très tourmentés de l'histoire.
Avec Lisey, j'ai compris tout ce dont il parlait dans les dernières parties d'Ecriture, Mémoires d'un Métier, et ce roman, Histoire de Lisey, est un véritable hommage à tout ce qui lui a permis de s'accrocher et de continuer à (vivre) écrire, à savoir sa femme - ça c'est évident ! - mais aussi l'imagination, qui se trouve bien quelque part dans un endroit précis en chacun de nous, et qui a eu ce pouvoir, dans son cas à lui, de lui faire oublier la douleur et le désespoir les mois qui ont suivi son accident, comme il le dit si bien dans Ecriture ; je crois avoir saisi le sens d'Histoire de Lisey, et son message m'a profondément touché.
Pour le reste, il faut être très patient lors de la difficile lecture de ce roman, où l'on tombe vraiment dans le fantastique à partir du milieu du bouquin, voir même un peu plus loin que le milieu. Avant cela, toutes les pièces du puzzle se mettent en place tellement lentement que s'en est irritant et que l'on se demande quand est-ce qu'il va enfin se décider à nous en dire plus et laisser le récit s'emballer. Et puis lorsque cela arrive, on plonge alors dans un univers purement Kingien, autrement dit absolument magique, et tous les doutes que l'on pouvait encore éprouver par rapport à cette histoire et même au talent de King qu'il avait autrefois de nous effrayer et de nous emmener dans des mondes vraiment inoubliables s'envolent d'un seul coup ! on étouffe sous le poids des mots (un déferlement narratif pour reprendre les mots d'un critique), mais on s'accroche avec Lisey, on s'accroche et à la fin, la récompense est énorme !
Un grand roman donc, puissant et émouvant (déchirante histoire d'amour !), merveilleux et cauchemardesque, et possédant aussi un côté disons plus « classique », dans le sens où ce roman peut-être classé ailleurs que dans les rayons fantastiques. Et ce roman, on le referme en étant assez bouleversé, triste et nostalgique ; pris dans l'histoire de Lisey - désormais l'un des personnages les plus forts que King ait créé - le retour à la réalité se fait douloureusement.
Ca faisait longtemps qu'un nouveau roman de King ne m'avait pas autant plu ; il rappelle un peu les meilleurs moments de ses vieux romans, et il rassure après deux derniers livres peu convaincants. Bref, que l'on aime ou pas son nouveau style d'écriture - qui n'a plus rien à voir avec celui des années 80 et 90 - ou cette histoire qui étrangement n'en est pas vraiment une, et cette façon parfois très lente qu'on les choses de se mettre en place, King a de toute façon signé là un roman inoubliable. Voir un chef d'aeuvre !
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
|
|
|
|
|
|
29 internautes sur 33 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Histoire d'une déception, 7 septembre 2007
Lisey's story (pourquoi a-t-il été traduit "Histoire de Lisey" et non "L'histoire de Lisey", voilà déjà un mystère assez perturbant) n'est pas, à mon sens, le roman ambitieux annoncé en quatrième de couverture et certainement pas le meilleur de son auteur. Je ne pense pas non plus que ce soit un livre raté, parce que, pour paraphraser ce qu'a dit Harlan Ellison quelque part, "Stephen King possède une qualité que tout écrivain devrait avoir: il assure", et les 60 ou 70 dernières pages du livre suffisent effectivement à sauver l'histoire du marécage dans laquelle elle était -lentement-en train de s'embourber.
Mais peut-être que je suis de mauvaise foi. Peut-être que, d'une façon qui m'échappe, "Histoire de Lisey" est bien le roman le plus personnel et le plus ambitieux de SK. Je comprends même ceux qui soutiennent ce point de vue, parce que c'est vrai que les thémes du livre (la part obscure inhérente à tout acte créatif, l'amour par-delà la mort et à travers l'art, les ressources inépuisables du courage et de l'imagination, mais aussi le fanatisme et l'obscurantisme qui entourent certains artistes adulés) correspondent bien à l'idée qu'on se fait d'un livre ambitieux. En soit, les thèmes sont intéressants -le problème, c'est qu'ils sont au service d'une histoire qui ne m'a pas enthousiasmé.
En effet, je pense qu'en abordant des sujets plus personnels (aussi profonds soient-ils), Stephen King s'éloigne de ce qu'il sait faire le mieux: raconter des histoires. Or celle de ce livre peut se résumer à ceci: Lisey vient de perdre son mari-écrivain-célèbre-et-reconnu, assassiné par un fan cinglé, et se retrouve soudain la proie d'un autre fan cinglé qui cherche à récupérer des livres introuvables de ce mari dont certaines publications inédites s'apprêtent à tomber dans le domaine public sous la pression d'obscurs universitaires. C'est donc une histoire d'écrivain,dans un contexte d'écrivain avec des problématiques d'écrivain -en fait, on n'est à mon sens pas loin de l'autofiction, mais une autofiction que King aurait fantasmé dans la peau de sa femme en mettant en scène sa propre mort.
Malgré ce que le synopsis peut laisser croire, le côté "thriller horrifique" du livre est peu présent, et l'essentiel de l'histoire nous raconte l'évolution de Lisey dans la jungle obscure qu'est l'esprit de son mari (décédé, rappelons-le). C'est donc un récit principalement tourné vers l'introspection, la mémoire, l'accès à l'univers parralèle que constitue l'esprit de Scott. En fait, on est plus proche de la littérature générale que du roman fantastique ou du thriller horrifique -les apparitions de Dooley, le "méchant" de l'histoire, paraissent d'ailleurs étonnamment brèves quand on se rappelle des confrontations bien/mal omniprésentes auxquelles nous a habitué l'auteur.
Plusieurs aspects liés à l'écriture même m'ont aussi passablement agacé. En vrac, des néologismes omniprésents (même si sur le principe ça reste une bonne idée pour traduire le langage assez particulier et familier de Scott -dont le métier, rappelons-le, consiste aussi à jouer avec les mots-,je n'ai pas trouvé ces néologismes, en tout cas dans leur version traduite, très "significatifs"; je pense que King aurait pu en faire un emploi plus judicieux), un côté sentimental parfois un peu trop appuyé (ça suprendra peut-être ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre récente de King, où l'auteur fait -à mon humble avis- de plus en plus de concessions à l'émotion facile, même si ça reste discret), et puis surtout cette impression persistante que j'ai eue parfois de lire une espèce de soap-opera non assumé. King flirte de plus en plus (c'est vrai depuis "Sac d'os", à mon sens) avec le sentiment, au détriment de l'émotion véritable. Les flash-backs sur l'enfance de Scott contrebalancent heureusement cette tendance, et c'est dans ces flash-backs (ainsi que dans les brèves excursions de Lisey au royaume imaginaire de Scott) qu'on trouvera les meilleures scènes du livre.
Au bout de deux-cents cinquante pages, je croyais tenir un des 2-3 plus mauvais bouquins de King (avec "Roadmaster", "Cellulaire" et autres "Territoires"). Une fois le livre refermé, cependant, je me suis rendu compte que même si celui-ci m'avait rarement emballé (hormis lors des passages évoqués plus haut), le tableau dans son ensemble était malgré tout assez réussi, d'une étrange façon. Peut-être est-ce dû à un profond souci de cohérence, pas forcément perceptible en cours de lecture, mais qui se révèle presque magiquement à la fin -nuançant les impressions franchement mitigées qu'on a pu avoir en cours de route. Peut-être cela rejoint-il tout simplement ce que voulait dire Ellison quand il affirmait que King "assurait".
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
|
|
|
|
|
|
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
L'amour de l'art., 9 janvier 2008
Lire un Stephen King, c'est comme se promener sur des chemins connus, riches de souvenirs. Celui-là nous emmène sur un sentier déjà partiellement exploré dans Sac d'Os, seulement, cette fois-ci, l'écrivain est mort, à moins que le narrateur ne soit Scott Landon, dont l'esprit soupire dans sa grange surchauffée. La structure est habile, réjouissante même pour les amateurs de narratologie, ou tout simplement ceux qui aiment jouer avec leur auteur préféré. L'écrivain qui se volatilise est une "image" qui existe dans un roman de Paul Auster, "La nuit de l'oracle". Là, cette image devient motif, puis leitmotiv.
Lire King c'est aussi accepter de se faire embarquer dans ses idées jusqu'à l'absurde, l'incroyable. Son talent est aussi là, qu'on accepte de le suivre aussi loin que ça, sans réticence ni soupir. Celui-là résulte d'un travail de langage impressionnant. Les accents, les expressions personnelles, caractérisent les personnages, mais surtout les relations qui existent entre eux. Lisey dit "toufu" au lieu de "Foutu", de la même façon que le vieux Landon bouffé de crapouasse. Les mots sont donnés et transmis, comme des héritages fabuleux.
L'environnement des personnages est fait de lieux, mais aussi d'expressions d'écrivains, qui sont autant d'effets de réalisme.
Comme pour 'La petite fille qui aimait Tom Gordon', L'auteur est parti d'un présupposé simple et familier, voire ennuyeux, un schéma basique et anodin autour duquel il a construit un édifice complexe et brillant. Il n'y a pas de vrai "grand méchant" personnifié dans ce roman. Le fanatique est un leurre, il n'est que le vecteur de la catharsis de l'héroïne, celui qui la libèrera, non pas des fantômes du passé, mais de ceux de l'avenir. (pour qui a lu Dickens)
Il est vrai qu'il est plus simple de faire de l'horreur ou de l'angoisse avec des vampires, loups garous ou autres morts vivants assoiffés de sang. Merci de ne pas avoir cédé à la tentation de la facilité, Mr King.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
|
|
|
|
|
|
Commentaires client les plus récents
|