Cet essai historique est avant tout une somme sur l'expression et la répression de l'homosexualité, tant masculine que féminine, lors des années folles (l'entre-deux guerres) dans trois capitales européennes. Des premières associations de défense des homosexuels, d'où se détache Magnus Hirschfeld dans l'Allemagne de Weimar, aux premiers internements d'homosexuels sous Hitler, toute une époque se révèle, minutieusement analysée par Tamagne. La littérature apporte un éclairage constant, des pamphlets aux autobiographies et aux souvenirs (Gide, Colette), en passant par les romans (Radclyffe Hall, Woolf), pour faire revivre la liberté sexuelle en Allemagne (Spender, Isherwood) ou les pièges policiers en Angleterre (Wilde, Forster), les débats et les dissensions entre homosexuels en France (Gide et Proust).
Les méthodes et présupposés de cette thèse ont justement été critiqués : fondée principalement sur la littérature et les sources écrites, elle néglige la vie quotidienne et le point de vue des classes populaires et ouvrières. Mais la répression est remise en contexte de manière puissante, dans toute son horreur, et les dernières parties apportent de nombreux éléments peu connus.
Un livre qui manquait à l'historiographie européenne de l'homosexualité.