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Commentaires client les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un ouvrage de référence,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Histoire de la restauration (Poche)
Une histoire politique extrêmement riche et pertinente de la Restauration. Un travail scientifique de haut niveau, en revanche le livre est un peu aride pour des non spécialistes.
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10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Remarquable ouvrage d'Histoire,
Par Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires (#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR) (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Histoire de la restauration (Poche)
Il manquait, c'est certain, une histoire de la Restauration. Les ouvrages d'histoire de France retraçaient à grands traits cette période jugée ingrate, faisant triste mine par rapport aux fastes guerriers du conquérant d'Austerlitz, triste aventurier en fait, perdant, de Waterloo.1814 : Napoléon est exilé sur l'île d'Elbe. Louis XVIII, contrairement à la propagande bonapartiste, n'est pas venu dans les bagages des Alliés. Fort de ses prérogatives royales, frère de Louis XVI, il a toujours défendu une haute idée de la monarchie et de l'indépendance de son pouvoir. Rétablir la paix sociale, dans une France occupée par 150.000 soldats étrangers, pilleurs, violeurs (exception de la bonne tenue des troupes britanniques), sortant de 25 ans de guerre contre l'Europe tout entière relevait d'un immense défi. Défi du rétablissement de la monarchie, et donc de la famille des Bourbons, face surtout aux aristocrates, émigrés, aux biens spoliés par la Révolution, voulant prendre leur revanche tant sociale que pécuniaire. La menace principale est bien, dans cette première prise de pouvoir, les ultras. 1815 : Napoléon, défait à Waterloo, est expédié à Sainte Hélène. 100 jours marqués par le désastre militaire, mais surtout, national. Les Alliés ne pardonnent pas à la France d'avoir suivi son Empereur, dans la guerre inévitable. Pour Wellington, le vainqueur de Waterloo (cf. Waterloo de Alessandro Barbero) il s'agit avant tout de protéger les Français contre eux-mêmes. Les Anglais useront, avec l'Empereur de Russie, d'une certaine modération à l'égard des Français, à la distinction notable des Prussiens, haineux. Protéger la France contre elle-même ! Les historiens de la remarquable Histoire de la diplomatie française : Tome 2, De 1815 à nos jours l'avaient déjà bien signalé. Occupation militaire de la France d'une durée de 3 années pouvant aller à 5, paiement d'une amende représentant, in fine, deux années de recettes fiscales de l'Etat (!), une absence de place dans le concert des Nations ... une France misérable est laissée à nouveau à Louis XVIII, qu'il va redresser grâce à la Charte qu'il a fait adopter et à l'esprit de laquelle sans cesse il se référera (avec des hauts et des bas, bien sûr, notamment quand sa fonction de chef est mise en doute). Charles X qui succèdera à son frère en 1824, par sa raideur, prisonnier de courtisans ultras, ne saura pas composer avec l'aile gauche du Parlement (noblesse et bourgeoisie libérales). Les historiens Emmanuel de Waresquiel et Benoît Yvert ont produit un ouvrage d'histoire qui est d'une exceptionnelle qualité, qui fera sans nul doute, date. Ils nous apprennent en effet que la Restauration nous a laissé de nombreux fondements politiques qu'il importe de bien apprécier pour exercer sa liberté citoyenne : égalité des droits, libertés fondamentales, naissance de la représentation et du parlementarisme, des partis. Cette France de l'après seconde abdication de Napoléon est devenue encore plus dure à diriger surtout face aux ultras, descendants de l'aristocratie de l'Ancien Régime, coupés de la France pendant un quart de siècle, ayant eu, dans les 100 jours, à revivre la peur d'une nouvelle Révolution. Composer avec eux, contre eux en laissant s'exprimer la classe moyenne (j'ai découvert la grande personnalité de Guizot, dont les propos m'ont étonné par leur pertinence), cette bourgeoisie qui a pris un essor pendant la Révolution, monarchienne, libérale (mais pas à la "sauce" de l'insipide et intrigant opportuniste Benjamin Constant) marquera cette phase de l'Histoire de France. Les auteurs concluent avec clarté : "Il n'y a pas eu plus de Restauration libérale que de Restauration royaliste, divisant le régime en autant de périodes distinctes, mais une seule longue et douloureuse tentative pour concilier le principe héréditaire et monarchique avec celui de la nation, via la représentation censitaire." (p.477). Je retire également cet enseignement : "Si la légitimité historique et le droit divin passent définitivement du côté de la fiction, ils n'en renforcent pas moins, grâce aussi au mythe impérial naissant, la légitimité conjoncturelle de l'homme providentiel, source commune du bonapartisme et du gaullisme; celui enfin de l'opinion publique, autour de la question de la liberté de la presse et de son pouvoir. Toutes ces notions trouvent sous la Restauration leurs pratiques, sur lesquelles nous vivons encore en partie aujourd'hui" (p.480) NB : Merci à P.Vero de m'avoir permis cette belle découverte Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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