À cheval donné... À vingt euros, il n'est pas si donné que cela, le cheval ! Et il est vrai que, comme le sous-entendrait le commentaire précédent, certaines histoires ne font pas écrites dans les années 60, qu'elles ont un côté artificiel. La deuxième en particulier, « Le Noël de Nicolas », contient des erreurs de langue actuelles que ne faisait pas Nicolas dans les premiers volumes : « je connais pas » et « après qu'on ait laissé tomber la boîte » par exemple. Mais la plus grosse erreur est dans le titre : quel est l'ignare qui a laissé « le petit Nicolas » d'origine devenir « le Petit Nicolas » ? Et le pire est que ce dernier est une « marque verbale et figurative déposée » (on a donc droit au R entouré signifiant marque enregistrée plusieurs fois). Nous sommes d'ailleurs avertis : « Le Petit Nicolas, les personnages, les aventures et les éléments caractéristiques de l'univers du Petit Nicolas sont une création de René Goscinny et de Jean-Jacques Sempé ». Bref, le mercantilisme de l?ex-Mlle. Goscinny, de plus en plus apparent, commence à devenir gênant. Ceci sans parler de certains dessins de Sempé qui sont en fait actuels (et cela se voit, le trait de Sempé étant plus flou et « débonnaire » actuellement qu?auparavant). On se sent donc floué car on voit à certains moments que l?ex-Mlle. Goscinny joue sur la fibre du passéisme, un peu comme la méthode Boscher. Car franchement, on ne peut pas dire que la majorité de la population française actuelle ait fait ses études dans des écoles non-mixtes comme le petit Nicolas ; pourtant on s?accorde généralement à trouver un merveilleux parfum de nostalgie à ces histoires. J?aimais beaucoup le petit Nicolas, le vrai, j?aime beaucoup moins son avatar commercial actuel (et nous sommes prévénus dès l?avant-propos : il n?est pas impossible que l?on retrouve d?autres « inédits »...).