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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
quand un disque frise à ce point le chef d'oeuvre...,
Par
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Historicity (CD)
Dans l'art du trio moderne de piano jazz, cet opus de Vijay Iyer est remarquable. Une voix singulière en tout cas. A l'opposé d'un Borah Bergman ou d'un Marc Copland , Vijay se situe dans un jazz plus "rentre dedans", vif et provocateur mais aussi sournois et énigmatique. Bref, un jeu percussif, à la fois direct et alambiqué. Il renvoie aussi à un jazz transversal, qui se situerait entre la pop et les musiques traditionnelles. Un peu à la manière d'un Yaron Herman toute proportion gardée. En fait, il s'agit d'un jazz avant-gardiste de bon aloi. Et Iyer une figure incontournable du jazz contemporain."Historicity" est sorti cette année sur ACT, un label allemand. Le disque a été enregistré à New-York entre novembre 2008 et mars 2009. Le pianiste d'origine indienne est merveilleusement entouré : Stephen Crump à la contrebasse et Marcus Gilmore à la batterie. Dans ses liner notes, Vijay ne s'en cache pas : ses influences sont nombreuses. Musique traditionnelle d'Asie et d'Afrique, et puis celle de la diaspora de New-York. L'avant-gardisme de ce pianiste pourrait en rebuter plus d'un tant les compositions peuvent paraître abstraites ("Galang" ponctué de notes aigües répétitives, propose malgré tout de bonnes idées, au niveau des harmonies et des contrastes). Mais ce serait passer à côté, parce que cette musique-là sait également groover ("Mystic Brew") et être débordante d'imagination ("Smoke Stack"). Le batteur maintient un tempo idéal sur ces harmonies. Et quand le collectif reprend un thème de Stevie Wonder ("Big Brother"), en lui donnant une version dépoussiérée, l'on se dit que c'est franchement osé. Le mérite du pianiste, on l'aura compris, c'est de prolonger de manière convaincante l'art du trio. Sur "Dogon A.D.", composition inoubliable de Julius Hemphill, un thème que les afficionados du jazz underground connaissent bien (1), Crump fait grincer la contrebasse à l'aide de son archet, sur des ostinatos savoureux (l'on songe à William Parker). Puis Iyer fait danser son piano comme nul autre, entre improvisations et lecture respectueuse du thème. Ce morceau est tout simplement prodigieux. Du très grand art. Essayant de poursuivre l'histoire du jazz, en lui donnant des colorations intrigantes et carrément fascinantes, Vijay Iyer se révèle comme le digne disciple de Andrew Hill (dont il reprend un thème, "Smoke Stack"). Aussi sa musique n'est jamais dogmatique, ni rébarbative. Loin de toute austérité, elle gagne en maturité au fil des écoutes. 4,5 étoiles. (1) Les lecteurs de l'ouvrage de Philippe Carles ont au moins le souvenir de ce grand saxophoniste qui apparaît sur la couverture, et auquel un autre collectif de jazz a récemment rendu hommage à sa musique: Wark - sur le petit label (disque indisponible sur amazon). Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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