Six films vraiment sous-titrés français et assez introuvables ailleurs. Certes, les vieilles vampirailles de Bela Lugosi (acteur souvent à deux doigts du ridicule) ne m'ont jamais captivé (vive, certes plus tard, le grand Christopher Lee des studios anglais Hammer!), mais Le masque de Fu Manchu avec Boris Karloff (qui fit justement l'objet aussi, exactement sous le même titre et avec des scènes parfois reprises strictement à l'identique, d'un excellent remake avec Christopher Lee dans le début de sa série du personnage) est un précieux incunable.
Dans le Doctor X, ce médecin fou à la recherche du sang synthétique, on a la surprise de trouver, très très méchant dans le Retour (où il a toujours besoin de sang de cadavre frais pour suppléer justement l'insuffisance de son sang artificiel, et le meilleur est bien entendu le sang de la jolie fiancée du héros, qui en réchappe limite-limite juste avant le générique de fin), un relativement débutant nommé... oui, c'est bien lui, Humphrey Bogart! (Si Lauren Bacall voyait ça!)
Mad Love, vous connaissiez peut-être sans le savoir car c'est le titre original des Mains d'Orlac, avec Peter Lorre. On y apprend qu'il ne faut JAMAIS greffer à un pianiste virtuose les mains d'un assassin guillotiné, du fait qu'elles deviennent ainsi plus douées pour lancer le couteau que pour ciseler une Lettre à Elise. Je suggèrerais même l'inverse : greffer aux assassins des mains de pianistes (ils pourraient notamment mettre un bémol à leurs forfaitures, et maintenir leurs putatives victimes hors de... portée).
Enfin, The Devil-Doll traite, avec d'excellents trucages, de la miniaturisation d'humains. Thème qui a donné le pire par la suite (style poupées sanglantes) mais qui ici frôle (dans la sobriété) le petit chef d'oeuvre. Parfaitement moral et émouvant (demandez mouchoirs, en vente dans cette salle!), par surcroît, puisque cette histoire de vengeance criminelle finit dans la douceur et la tendresse d'un père retrouvant sa fille. Sous une fausse identité quand même, parce qu'une fille n'a tout de même pas à tout savoir sur les turpitudes passagères (encore que parfaitement justifiées, il a zigouillé les vrais coupables qui l'ont laissé innocent faire 17 ans de bagne!) de son papa. Ah mais!
Noter enfin, dans ce même film, le tour de force jamais ridicule de Lionel Barrymore, qui déguisé et transformant sa voix, passe quasiment toute l'histoire déguisé en vieille femme.