Le titre serait assez trompeur s'il n'y avait sur la photo de la jaquette ces traces de sang dans la neige. Le quatrième de couverture ajoute qu'il y est question d'une femme aimée successivement par deux hommes mais ne dément pas le titre. En fait il faut lire ce roman pour comprendre qu'il n'est nullement question d'homosexualité mais bien d'un round d'observation entre deux hommes qui ont des raisons de s'en vouloir. Pourtant le deuxième prend mieux la mesure de la situation et bien qu'il soit un passionné de chasse et donc adepte d'une certaine violence , offre, par un temps à ne pas mettre un chien dehors, asile à son congénère malade et le soigne. Tous les dialogues sonnent juste: on sent la préoccupation et une certaine fébrilité de l'éconduit malade, le relatif détachement et la sérénité de l'éconduit en bonne santé. L'intensité du blizzard dans cet enfer blanc est rendue avec toute sa force. Alors pourquoi au terme de cette confrontation, finalement pacifique, ce retournement? Peut-être que Paul Hasselbank (quel curieux nom pour un Français !!) a eu la certitude, fausse ou exacte, que tout était déjà joué pour Anna et donc il a achevé le travail; au total ce roman soulève beaucoup d'interrogations mais confirme que quelles que soient les circonstances, l'homme reste un loup pour l'homme, surtout lorsqu'il est question de son honneur bafoué. Je ne pense pas que Jean-Paul DUBOIS à travers ces quelques 230 pages fort bien écrites, avec un suspens assez bien entretenu, ait eu la prétention de démontrer autre chose.