Le roman de Yasmina Reza, par ailleurs brillante dramaturge, s'inscrit dans la tradition des monologues intérieurs de Mrs Dalloway ou de l'Ulysse de Joyce. Il nous raconte la journée du personnage éponyme, homme de 47 ans, qui vient d'apprendre qu'il a des problèmes de santé, et qui, à l'occasion d'une rencontre imprévue avec une ancienne camarade de classe, fait le bilan de sa vie. Mais ce dévoilement de sa conscience n'a rien de poétique et de magique : la vie d'Adam Haberberg a le tort, si j'ose dire, de ressembler un peu trop à celle de tous les jours ; ou au contraire de trop s'en éloigner par manque de poésie... Rien ne nous permet de nous envoler avec lui, de nous prendre d'une étrange sympathie pour lui. Et pour parodier la 4ème de couverture qui déclare que "un beau jour on s'assoit et ça y est, on se fout d'être Adam Haberberg", moi je dirais que l'on s'en réjouit... Il reste que ce n'est pas mal écrit, et que quelques phrases, par-ci par-là, malgré le manque de souffle, résonnent à nos oreilles. Rien d'exaltant donc, mais rien de repoussant non plus.