| ||||||||||||||||||||
Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés associés par les clients à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Cliquez sur un mot-clé pour trouver les produits, discussions et clients qui y sont associés.
|
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
17 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Paradoxe: très intéressant, mais peu convainquant,
Par Yannis "Yannis" (Espagne) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Homo juridicus : Essai sur la fonction anthropologique du Droit (Broché)
Malgré mon admiration pour l'auteur de ce livre (en partant de son "Que sais-Je?" de 2004 et de sa "Critique" de 1994 sur le droit du travail, j'ai développé un grand intérêt pour les institutions qui régissent la/les relation/s de l'emlpoi), je dois avouer que ce livre m'a déçu. La raison est simple: l'auteur est un juriste qui chasse sur les terres inconnues de la sociologie (e.g. Powell & Di Maggio) et de l'économie des institutions (e.g. North, ou Dixit).Je lui donne quand-même trois étoiles, car: (1) il traite d'un sujet important, à savoir la fonction du droit dans des sociétés qui se croient dépourvues de toute mythologie; (2) il est le fruit d'une réflexion personnelle assez approfondie, menée par un des grands spécialistes internationaux du droit du travail; et (3) il est assez bien écrit, puisque chaque page conduit à vouloir lire la suivante, puis la suivante, et que, en fin de compte, on se rappelle bien des principales thèses développées tout au long de l'ouvrage. Néanmoins, ces trois points cachent aussi trois faiblesses: (1') ce sujet ne devrait peut-être pas être traité par un juriste, mais pas un sociologue ou un historien, c-à-d par une personne qui sache manier les outils statistiques et documentaires qui permettent d'arriver à des descriptions et des arguments de causalité plus rigoureux; (2') la réflexion personnelle devrait peut-être être accompagnée de ce que les anglo-saxons appellent une "literature review", qui ferait ressortir les thèses principales qui ont déjà été proposées à propos de ce sujet ces 50 dernières années, et à partir desquelles on pourrait définir deux ou trois hypothèses par rapport au rôle du droit dans la société; et (3') la force de l'écriture semble affecter la justesse ou la rigueur de cerains propos, puisque l'auteur semble souligner certains aspects de son argumentation en oubliant d'apporter les nuances qu'on pourrait espérer. d'ailleurs, l'argumentation par référence à l'étymologie des mots ou aux échecs d'aventures historiques particulières semble appartenir à une autre époque... La thèse de HOMO JURIDICUS est en fait assez simple: le droit, et les valeurs fondamentales qu'il incarne, est LE fondement des sociétés occidentales. Certes, on peut arriver à une descritpion plus nuancée de cette thèse. De plus, on peut se demander s'il s'agit là d'un argument positif (c-à-d empirique) ou normatif (c-à-d idéologique). Mais l'idée centrale est bien celle-là. Afin de soutenir cette thèse, l'auteur se lance dans des débats qui me semblent assez arrière-gardistes. Parmi ces débats, le principal est celui qui oppose les constructivistes (en gros, les partisans de l'idée que les agents individuels sont des êtres "sociaux", formés par la société dans laquelle ils existent, dont ils adoptent les valeurs et donc les préférences) et les rationnalistes (en gros, les partisans de l'idée que les agents individuels sont des êtres "privés" qui non seulement agissent, mais aussi réagissent, dans la société, dans un jeu qui implique l'activation de préférences non seulement collectives, mais aussi individuelles). L'auteur n'hésite pas à se ranger parmi les constructivistes et à prononcer de grands jugements contre les rationnalistes. Mon point de vue est que, ce genre de débats ne pouvant être résolus à un niveau supérieur de celui de l'exemple ou de l'étude statistique (car s'il est vrai que nous sommes socialement constitués dans certains cas, et notamment dans des situations de masse et de faibles enjeux individuels, il est aussi vrai que nous sommes rationnels dans d'autres cas, et notamment dans des situations hautement stratégiques), ils doivent être introduits par des philosophes ou des sociologies, plutôt que par des juristes. Car la certitude avec laquelle les juristes affrontent les débats des sciences sociales ne sert pas leur cause, surtout quand celle-ci est d'influencer les économistes, sociologues, et autres politistes. De même, ces débats doivent être maniés avec plus d'attention à la logique de l'argumentation. Par exemple, constrairement à ce qui est avancé dans ce livre, si le positivisme fut associé au nazisme, et si le nazisme connut l'échec qu'on connait, cela ne veut absolument rien dire sur la valeur du positivisme lui-même. De même, si la Cour de Cassation organise des conférences sur le "Law and Economics", cela ne veut pas dire qu'elle ne remplit pas son rôle de juge, ni qu'il est préférable qu'elle prononce ses jugements en partant de doctrines que personne ne connait ou ne peut prévoir... Enfin, le bien-fondé des divers arguments de causalité, qui abondent dans le texte, doit être revu à la lumière des sciences sociales, qui sont en géneral en avance sur les droit dans ce domaine. La thèse de Supiot est fondée sur plusieurs mini-thèses qui ne semblent pas très bien argumentées et qui ne se suivent pas logiquement les unes aux autres. D'où les deux principaux problèmes de fond avec cette thèse : si le droit est le fondement de nos sociétés occidentales, (a) pourquoi change-t-il au fil des ans? Autrement-dit, pourquoi certains agents, tels les différents lobbies, se croient-ils capables de faire changer d'avis au législateur? Pourquoi les corps sociaux les plus imbibés du droit en vigueur, telle la Cour de Cassation, se proposent-ils d'étudier d'autrea façons - notamment des façons étrangères - de penser le droit? (b) pourquoi n'est-il pas plus cohérent? Par exemple, pourquoi le droit de la propriété intellectuelle est-il tellement contraire aux grands principes du droit de la concurrence? Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Remarquable,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Homo juridicus : Essai sur la fonction anthropologique du Droit (Poche)
L'ouvrage de Alain Supiot est un remarquable ouvrage que tout étudiant en droit et plus généralement tout juriste devrait lire. Mais au-delà des juristes, cet ouvrage devrait intéresser tout citoyen qui s'interroge sur la place du droit dans la société. Replacer le droit à sa juste dimension, c'est à dire à la dimension de l'homme et ne plus en faire une pure abstraction, sortir d'une perception purement économique du droit, en rappeler la fonction et ne pas l'envisager comme une fin en soi, telle est l'ambition de A Supiot et sa démonstration est réussie. A lire et relire donc.mots clefs, droit - anthropologie- humanisme De la société comme texte Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
|
|
|
|