Excellent album en tout point de vue. Dans le choix des songwriters en première impression. Janis Ian, Pierce Pettis, Jackson Brown et Joan elle même. Sûrement l'un de celui dans lequel elle s'est le plus impliquée de ce coté ci. Trois chansons sont entièrement de sa "plume" et de ses notes et elle a également co-signée la dernière. Beaucoup de superbes ballades folks très confortables, dont la chanson qui identifie le disque. Des country-rock au second plan avec les reussis "Let your love flow" et "Before the deluge", pour impulser au disque des sessions dynamiques. Les compositions sont donc dans leur ensemble très solides. Et puis, se hausse en relief, deux chansons, probablement les deux meilleures et qui par ailleur se succèdent. Le au combien douloureux "For sacha", avec la diva seule à la guitare, pour rappeler la mémoire d'une des victimes d'une des abominations de l'histoire du monde dans ses pages les plus épouvantables ("Et je me rappelle de l'holocauste. Je me rappelle tous ce que nous avons perdus. Les familles déchirées et les bords de croix. Et je chante ici et maintenant pour Sacha") Et puis viens ensuite, le sublime "For all we know", comme une déclamation exaltée de beauté et avec l'unique piano de Barry Becket. Il s'agit du moment le plus intimiste et gorgé d'émotion de l'enregistrement. Il est dans la lignée, titre, parole et musique, d'un précédent morceau similaire, à savoir l'autre sublime "All I know" de Jimmy Webb et Art Garfunkel. L'amour y est gravée sur du marbre doré, dans l'éphémère du temps fuyant ("Tous ce que nous connaissons, ce peut être seulement un rêve, nous venons et nous allons, comme les rides, les rides dans le ruisseau... Ainsi, cheri, aime moi, aime moi ce soir. Demain fera naître le soleil. Ah, mais demain, demain ne peut jamais arriver pour tous ce que nous connaissons.") Au final, c'est très acoustique, avec quelques frêle guitares électriques en pointillées et les batteries à deux reprises. Admirable doublé violon-cello sur la très belle "Chanson de la fin du film". Joan reste donc dans reflets de ces horizons précédent. Elle ne renie rien. Elle piétine les modes et les tendances. Elle bifurquera provisoirement dans d'autres genres quelques partitions après... mais beaucoup de "folkeux" l'on fait avant ou après elle, de Tom Paxton à Katie Melua en passant par John Denver. En conséquence, le calme relatif avant la (douce) tempête. Parmi le nombre non négligeant de CD de la belle publiés, celui ci est à posséder sans avoir du tout à le regretter. Essentiel !