Cela faisait longtemps que je tournais autour de la série "Honor Harrington", sans oser l'entamer, de peur que sa thématique ne me parle pas. Et hélas c'est le cas, je pense que ce sera ma seule et unique incursion en SF militaire (en excluant le génial
Ender).
Honor Harrington a pourtant des caractéristiques permettant de toucher un large public, y compris féminin. Le héros est une héroïne qui est parfois en but à l'hostilité/au machisme/à la convoitise masculine (Lord Young). Dans un gouvernement aristocratique elle arrive à se frayer un chemin alors qu'elle est d'extraction populaire. Absolument pas accessoirement, elle est accompagnée d'un chat (un "tree cat" plus précisément) redoutablement intelligent et expressif. Et enfin, elle a décidé de faire carrière dans un environnement a priori peu propice pour les femmes: la Navy.
Au début de ses aventures, Honnor vient de recevoir le béret blanc qui lui permet de commander certains vaisseaux. Elle entend bien briller à chacune de ses assignations, en dépit des vaisseaux fournis. Cette fois elle hérite d'un vaisseau à l'armement remanié de manière désastreuse et malgré tous ses efforts, elle va logiquement échouer à certaines simulations. En punition, elle est envoyée dans un coin perdu de l'espace, vers Basilic. Et malgré tous les coups du sort, elle va montrer une autorité, une clairvoyance, une efficacité, une intelligence étonnante. Bref, elle va être la première personne compétente de la Navy envoyée à Basilik.
J'ai lu avec plaisir la première moitié du livre: l'aventure est fluide et j'ai pris plaisir à découvrir Honor et son équipage. Hélas... Je n'aime ni les vaisseaux spatiaux, ni les combats spatiaux. Ce qui forcément pose un problème, les paragraphes de description sur les armements, les manoeuvres du vaisseau, les tâches détaillées de chacun m'ont fait bailler d'ennui. Et j'ai dû sauter le chapitre du combat final, vers la fin du livre. C'est censé être l'apothéose, et j'imagine que c'est le cas, mais c'était illisible pour moi.
Je pense que j'aurais néanmoins pu m'accrocher davantage, hélas je n'ai finalement pas assez d'empathie avec Honor. C'est une femme comme il n'en existe pas, sans défauts, où alors avec des défauts qui sont des qualités pour le poste qu'elle occupe. Son personnage est tellement lisse que cela en est lassant.
Et enfin j'ai trouvé dommage que l'aspect "combats" prenne le pas sur l'aspect politique, même si c'est tout à fait logique dans le genre où s'inscrit ce roman.
(lu en anglais)