Pour cette troisième aventure, notre héroïne désormais Dame Honor Harrington, comtesse Harrington, Seigneur de Grayson, chevalier de l'Ordre du roi Roger, croix de Manticore, étoile de Grayson (ect...) se retrouve aux commandes du HSM Victoire, croiseur de combat long de 1500 mètres sur plus de 200 mètres de large, jaugeant 879.000 tonnes et embarquant 2105 personnels.
Cette fois-ci, Honor n'opère plus en solo. Elle est capitaine de pavillon au sein d'une escadre de croiseurs de combats, affectés à Hancock, sous les ordres du contre-amiral Sarnow. (Une petite carte des positions respectives de Manticore et de Havre vous aidera à mieux vous y retrouver).
Si la bataille finale n'arrive que très tard (vers la page 400), tout le long du roman est émaillé d'escarmouches, de simulations et entraînements tactiques qui raviront les amateurs d'actions pure.
Pour les autres, l'auteur aborde une nouvelle faille de son personnage : son noviciat en matière de relations intimes la rendant ainsi encore plus humaine.
Le roman est toujours très politisé et on en apprendra encore plus sur Havre, les raisons d'entrer en guerre et sur la mise en place du Comité de salut public par Robert Stanton Pierre (Rob S. Pierre) et Oscar Saint-just (ah, histoire quand tu nous tiens...). Côté Manticore, les jeux de pouvoirs et la politique au sein de la Flotte ne sont pas à négliger.
Weber travaille beaucoup les sentiments et la psychologie de ses personnages, et ce depuis le début, arrivant ainsi à éviter la caricature. Il nous offre un roman d'une très belle tenue, dans un univers qu'il étoffe à chaque tome. L'intérêt du lecteur, tenu en haleine, ne faiblit pas. Encore un très, très bon moment passé avec notre héroïne préférée.
En fin d'ouvrage, pour les plus mordus, un chapitre sur la marine, sa doctrine et ses conceptions navales, l'armement spatial et l'équilibre des forces entre Havre et Manticore ajoute une touche de crédibilité supplémentaire et permet d'encore mieux appréhender l'oeuvre.