Les frères Horace doivent affronter les frères Curiace dans un combat dont l'issu déterminera laquelle des deux cités de Rome, patrie des Horace, ou d'Albe, patrie des Curiace, dominera l'autre. Or les deux familles sont liées : Un des frères Horace est marié à la soeur des Curiace, Sabine, et un des frères Curiace est fiancé à la soeur des Horaces, Camille.
Un classique où les vers rebondissent et se répondent avec un dynamisme percutant. Chaque mot est significatif et s'imbrique avec dans un ensemble soigneusement calculé. On rentre très facilement dans l'histoire et le texte.
A lire donc pour pouvoir se dire qu'on a lu une vraie pièce de Corneille en vers. A lire bien sur pour la finesse du style. A lire, encore plus, pour les questions que nous posent les personnages : Curiace fait le choix d'accomplir son devoir mais sans y mettre du coeur, n'est ce pas un manque de conviction et une source de défaite? Camille fait le choix de placer l'humain et les sentiments personnels au-dessus de principes abstraits. Mais n'est-ce pas une forme d'égoïsme ou de lâcheté? Horace se voue corps et âme à la cause pour laquelle il a été élevé. Mais n'est ce pas perdre son humanité que de placer une idéologie, fut-elle honorable, au dessus de tout, en détruisant ceux qui s'opposent à elle ou la remettent en question?