Inimitable, indépassable, inégalable, les superlatifs me manque pour qualifier cet album que je vénère parmis tous.
Paradise Lost à un mérite incontestable, celui de savoir évoluer musicalement, 'évoluer' intelligemment : En l'occurrence, un groupe passant en à peine quelques années d'un métal 'extrême' à une pop expérimentale douce et complexe, c'est pas vraiment banal !
Host, sorti en 99, est une confirmation de l'orientation électronique du groupe principalement ambitionnée par le guitariste Greg MacIntosh et amorcée par l'énorme One Second, précèdent album sorti 2 ans plus tôt. Mais cette fois ci, le reste d'influences métalliques présent sur One Second sous forme de tempos percutants et de grattes entraînantes s'éclipse pour laisser place à une pop alternative, voir expérimentale, dont les arrangements électroniques en sont le noyau dur.
Certains considèrent que le groupe à inventer un nouveau genre : le dark rock. Ca colle plutôt pas mal. La voix désormais posée de Nick Holmes est grave, sombre et mélancolique. Les guitares, toujours présentes, sont par contre extrêmement discrètes, presque en arrière plan, maquillées par divers effets ce qui rend parfois leur son très singulier et radicalement différent de ceux la production pop-rock-metal traditionnelle. Les compositions, toutes remarquables et loin d'être réductibles à leur pseudo influence new-wave sont probablement les meilleures du groupe à ce jour (évidement, c'est subjectif et d'autres préféreront éternellement leur début death/gothic), un groupe qui sous la pression des fans et l'obligation commerciale, a du mettre en sourdine sa volonté d'expérimentation depuis quelques années.
Ca n'a jamais été explicite, mais il faudrait être bien naif pour ne pas l'avoir remarqué : Host fut un echec commercial, ce qui était prévisible puisque le 'fan' à dans certains cas, par déficience culturelle ou par manque d'ouverture d'esprit, du mal à avaler sans broncher un virage musical a 180°. Et c'est encore plus flagrant dans l'univers metal ou lorsqu'un groupe s'assagit il est montré du doigt par une quantité d'idiots qui n'ont qu'à peine écouté l'album, et le rejète sous prétexte que "ce n'est pas du metal, ya pas de gross riffs, ya pas de hurlements".
Bref, Host ne s'est pas vendu, ou très mal, et Paradise Lost à necessairement enclenché la marche arrière pour débloquer la machine à pognon.
Dommage, car s'ils avaient persistés dans la voix expérimentale, nul doute qu'on aurait eu droit à d'autres merveilles, en lieu et place des derniers opus beaucoup moins ambitieux (Believe in Nothing, Symbol of Life, pas mauvais tous les deux, loin de là, mais bien moins digne d'un groupe aussi talentueux et innovateur)
Bref, Host est un album génial, à mon gout un album majeur de la scène rock au sens le plus large du terme, d'une créativité et d'une singularité rare. Un album concept qui ne se laisse pas découvrir en quelques écoutes, ça c'est certain !