Amazon.fr
Dès ses débuts, le Beta Band n'a cessé de cultiver le second degré. Autoproclamé plus mauvais album de l'année, son premier opus réalisé en 1999, qui faisait suite à trois fantastiques EP, était déjà un pavé dans la mare du conformisme ambiant. Instrumentistes accomplis sollicitant à tour de bras toute une panoplie de vieilleries estampillées années 70 et certifiées conformes, les membres de la formation n'ont aucun mal à offrir à leurs échantillonneurs la plus dense des matières premières à mouliner. Également DJ et amateurs de pluridisciplinarité (leurs concerts s'apparentent à des performances dont certains ont été donnés dans des lieux parmi les plus huppés comme la Rote Fabrik à Zürich), John McLean, Steve Mason, Robin Jones et Richard Greentree ont une approche plastique, ludique et sensuelle de la musique.
En un mot, singulière, à l'image de l'influence de Barry White qu'ils revendiquent. Mixant le meilleur d'une house comme en apesanteur et sous Tranxène avec des harmonies vocales psychédéliques quasi-parfaites à la Byrds, Hot Shots II se paie en ouverture le culot d'un hommage décalé au vieux classique de Wallace Collection, "Daydream". Et annonce la couleur. Celle d'un chaudron rempli d'acide en ébullition. --Hervé Comte