Ce recueil est une version économique du deluxe édité par les éditions Panini en 2008 (
House of M). Il est d'un format comics traditionnel (plus petit que le deluxe) et possède une couverture souple. La mise en forme du contenu a complètement changé : Dans le deluxe, la plus-part des bonus disponibles dans la version US aient été enlevés (il ne restait que les crayonnés du 1° épisode et les images promotionnelles). Dans cette nouvelle version, ces bonus ont disparu, mais les nombreuses pages avec les extraits fictifs de "Daily Buggle" ("The Pulse: House of M Special") ont été ajoutées ! En revanche, dans le deluxe, on trouvait, ce qui est malheureusement extrêmement rare, les couvertures originales et variantes au bon endroit, à savoir au début de chaque épisode. Ici, seules quelques couvertures apparaissent... en fin de volume ! Une détestable habitude, en passe de devenir la norme dans toutes les éditions de l'éditeur franco-italien.
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House of M :
Après avoir dramatiquement mis fin aux Vengeurs en assassinant certains d'entre eux dans un grand moment de folie (les épisodes de "Avengers Disassembled" sont disponibles ici :
New Avengers Vol. 1), la Sorcière Rouge est emmenée par son père Magnéto sur l'île de Genosha. Il ne s'agit hélas que d'un répit momentané car bientôt, les limites de sa folie explosent et la face du monde s'en trouve changée : Nous voici dans "House Of M", un monde dominé par les mutants, où le seigneur Magnus est le plus puissant de tous et où l'homo sapiens est considéré comme un pariât...
Event (événement éditorial majeur regroupant l'essentiel des principaux personnages du même univers) Marvel paru en 2005, "House Of M" est peut-être le chef d'œuvre du genre (un genre souvent pauvre il faut l'avouer, puisque dicté par des prétextes commerciaux et non par un concept pur).
Ici, les personnages existent. Jamais l'action ne prédomine, jamais les scènes d'exposition ni les dialogues ne sont sacrifiés sur l'autel du spectaculaire racoleur. Le scénariste Brian M. Bendis est au sommet de son art et ne réussira peut-être jamais à réitérer pareil coup de maître, avec un bel équilibre du fond et de la forme, dans lequel la solidité de l'intrigue fait corps avec le sujet, le sens du dialogue, le rythme et l'épaisseur de chaque personnage.
Ici, la tension dramatique l'emporte sur le divertissement. L'histoire est poignante, cohérente et crédible. La folie est palpable, la tristesse est viscérale. Les personnages se déchirent et s'aiment dans un tourbillon tragique et n'en sortent pas indemnes. Les répercutions sur certains d'entre eux sont terribles : Spiderman, Wolverine et beaucoup d'autres icônes de l'univers Marvel ressortent essorés et traumatisés de cette expérience.
Ici, le scénario est un modèle de construction narrative : Une ambiance sourde donnée dès le départ, une inexorable montée vers la folie, un basculement dans le cauchemar, une lutte désespérée pour en sortir, un climax à fleur de peau qui culmine dans une envolée lyrique en forme de drame shakespearien ! Le tout mené à un rythme d'enfer, mais sans jamais oublier de s'arrêter pour faire le point, avant de repartir dans la spirale infernale.
Ici, on creuse une véritable toile de fond. Le scénariste n'oublie pas de plonger dans la psyché de ses figures et dans l'inconscient de son personnage principal, qui va jusqu'à créer la jeune "Layla" dans une tentative désespérée et magnifique de rédemption.
Ici, le dessin est au diapason. Le style d'Olivier Coipel (cocorico !!!), qui peut rappeler celui de Mark silvestri, mais avec une plus grande palette d'expressions, est iconique à souhait, parfaitement adapté à ce genre de récit.
Parce que cette mini-série est brillamment construite, dialoguée et illustrée, parce qu'elle lie le fond et la forme en un tout parfaitement cohérent et iconique, parce qu'elle n'est pas naïve au delà des limites du genre concerné (les super-héros), parce qu'elle se hisse au rang de tragédie dans le sens le plus noble du terme, parce qu'elle est inoubliable pour le fan de comics et hautement supérieure au tout venant des productions de comics mainstream, parce qu'enfin elle est totalement originale et unique en son genre et qu'elle marque de manière profonde sa mythologie, on peut le dire : C'est un chef d'œuvre !