Cette anthologie est absolument INDISPENSABLE à tout mélomane un tant soit peu éclectique.
La musique du 20ème siècle au USA est souvent connue à juste titre à travers Gerswhin, Bernstein ou un peu hors sujet car associée à une célébrissime Symphonie « du nouveau monde » composée par un Dvorak... tchèque en villégiature.
Légion de compositeurs ont proposé dès la fin du 19ème une approche assez différente des tendances savantes et de mise en Europe et surtout d'une coupure nette après le second conflit mondial entre le public et les compositeurs ; ainsi l'école Boulez et ses disciples privilégient la mathématique solfègique à l'émotion de l'auditeur et cette dictature est souvent dommageable pour l'intérêt que pourrait porter un grand nombre envers la musique symphonique de notre temps.
Ces clivages n'existant pas ou peu outre atlantique entre musique populaire, savante, jazz et surtout la musique pour l'industrie phare et gourmande de partitions originales : le cinéma dès 1929 ; ont permis l'éclosion de styles forts divers dont ce coffret en est l'illustration parfaite et complète.
Si les termes : ballet, symphonie, fantaisie, etc. demeurent, la joie de vivre, la danse, l'évocation impressionniste des espaces et villes américaines, sont tout à fait accessibles à nos oreilles indépendamment des théories musicales utilisées comme des outils de composition et non à des fins en soi pouvant conduire souvent à l'ennui.
Le choix des oeuvres enregistrés par Howard Hanson (compositeur et référence dans ce genre) avec SON orchestre nous promène à travers 5CD généreux de la loufoquerie d'un Charles Ives (Three Places in New England) à l'interrogation spirituelle (mais pas trop) des Spirituals pour Orchestre (il y en a aussi pour cordes) de Morton Gould.
La plupart des noms nous sont au départ inconnus (sauf Barber à cause d'un adagio sympa mais rabâché jusqu'à l'usure - pas dans le coffret - Ouf ! j'en ai déjà au moins 5 versions dont une par S. Celibidache, c'est tout dire :o)).
Ce coffret permet ainsi de découvrir des pièces souvent courtes, extraordinairement vivantes et festives, et pas uniquement la tête entre les mains, loin de là ; pas plus anti-déprimante comme ambiance !!!
Les enregistrements datent de 1957 - 1960, époque où Mercury maîtrisait avec brio la stéréophonie avec 3 micros et, loin d'être daté le son est d'une transparence et d'une dynamique inouïes même si l'espace sonore peut paraître un rien « discographique. »
Bref à ce prix..... une réédition totalement justifiée car sans aucun équivalent pour sortir du train-train.